Test PC – State of Mind : interactive drama captivant mais peu marquant

En fouillant sur Steam il y a quelques mois, j’étais tombée sur le mystérieux State of Mind, dont la sortie était prévue le 15 août 2018 sur PC, Switch, PS4 et Xbox One. A mon retour de pont, comme il était – comme d’hab – hors de prix sur Switch, j’ai opté pour sa version PC. Je n’en ai fait qu’une bouchée. Enfin, en plusieurs soirées quoi !

Développé et édité par Daedelic Entertainment (on ne les présente plus), State of Mind est un jeu d’aventure plongeant le joueur à Berlin, dans un univers futuriste dystopique. Aventure et distopie… il n’en fallait pas plus pour piquer toute ma curiosité. Le tout avec un parti pris artistique assez intéressant : ses personnages en low poly* contrastant joliment avec ses décors futuristes. On aime ou on déteste ! Vous l’aurez compris, je fais plutôt partie de la Team Low Poly !

Pour le reste, les avis étaient assez mitigés mais je n’ai pas voulu creuser davantage pour que la surprise soit totale. Je préfère toujours me faire mon propre avis quand j’arrive à trouver le jeu à un prix correct.

*Low Poly : c’est à dire que le jeu utilise des graphismes faits de polygones pour ses personnages, ce qui contraste avec ses décors classiques. 

Blade Runner 2048

Les décors futuristes de State of Mind
Les décors font parfois penser à Blade Runner

Richard Nolan, journaliste investigateur et père de famille se retrouve du jour au lendemain dans un mystérieux hôpital. Victime d’un non moins mystérieux accident en taxi, le voici à moitié amnésique. Comment va sa famille ? Sa femme Tracy et son fils James se trouvaient-ils avec lui lors de l’accident ? S’ils n’y étaient pas pourquoi ne sont-ils pas en train de l’attendre à l’hôpital ?

Après une brève introduction – sans grand intérêt – permettant de placer l’histoire et le tuto dont on aurait pu se passer – le gameplay étant d’une simplicité enfantine – on se hâte de rentrer chez Richard. Hélas, toujours zéro trace de sa famille. Même son imprimante 3D ne peut rien lui faire à manger. Ils auraient pu au moins faire les courses… ! Seul Simon, un robot domestique incapable de nous en dire plus, nous attend. L’occasion de découvrir toute la haine que les androïdes suscitent chez Richard, à coups de « Mêle toi d’ton cul l’tas d’ferrailles » & cie. Ça vous rappelle pas un peu quelque chose ? Ouais, la relation hommes/ androïdes dans Detroit. Les jeux vidéo font décidément la part belle au transhumanisme et au conflit homme/machine en ce moment.

Richard Nolan, personnage principal de State of Mind
Richard Nolan, le trouduc & perso principal de State of Mind

De sa fenêtre panoramique, on observe le monde dystopique dans lequel il évolue. Y’a pas à dire, côté direction artistique, le charme opère chez moi ! Pas tant pour les perso, dont les expressions sont inexistantes ou amochées par le Low-Poly, mais plus pour la beauté de ses contrastes et son ambiance oppressante. Les énormes publicités qui défilent et « gâchent » la vue, les bots policiers qui envahissent les rues, les drones qui viennent collecter tout un tas de données sur chaque individu… Sans parler de la propagande autour de la colonisation de Mars qui séduit une grande partie de population qui semble avoir abandonné tout espoir.

Les bots policiers dans State of Mind
Des bots policiers qu’on a pas envie de faire c**** !

« Pauvre Richard, il enchaîne les coups durs dans un monde de merde » se dit-on… Jusqu’à ce qu’on se demande si on a pas juste affaire à une sombre histoire de karma. Antipathique, cynique et très en colère contre sa femme, Richard reste les 3/4 du temps très agressif, y compris quand on opte pour la réponse la plus pacifiste. Ce dernier soupçonne sa femme de l’avoir abandonné, et en même temps on pourrait la comprendre : très antipathique, notre Richard réunit tous les clichés du parfait trouducul. Mais bon, comme je suis sympa – et surtout très intriguée – j’accepte quand même de l’aider.

Le jour et la nuit

Les décors d'Adam de State of Mind
Les décors du monde d’Adam contrastent joliment avec ceux du monde de Richard

Alors qu’on commençait tout juste à trouver un petit côté attachant à Richard (petit, hein), nous voici aux commandes d’un nouveau personnage. Adam Newman, également journaliste, semble avoir un peu plus de chance dans la vie. Déjà, quand chez Richard il semble toujours faire nuit, chez lui c’est plutôt l’inverse. Et côté vie sentimentale, Adam se porte plutôt bien aussi puisqu’il vit une petite vie modèle avec sa femme et son fils. Sa progéniture, toujours accompagnée de son doudou androïde, semble néanmoins posséder un secret que même Adam n’est pas prêt à entendre. Le jeune garçon multiplie les allers retours à l’hôpital pour y faire de mystérieux tests… Toujours plus de mystères !

Le personnage Adam dans State of Mind
Adam, second personnage principal dans State of Mind

Sans vraiment savoir pourquoi – tout est imposé dans State of Mind – j’enchaîne des petites séquences en compagnie de Richard et d’Adam. Tout s’enchaîne de façon assez dirigiste et monotone, si bien que très vite, je commence à m’ennuyer et à me demander où on veut m’emmener… D’autant plus, que je fais partie de ces relous qui pendant une série / un film vont tout de suite vouloir comprendre où l’intrigue veut m’emmener. C’est comme ça que je me retrouve à poser des questions au Geek, qui souvent me répond de façon exaspérée « bah attend, on va bientôt comprendre là c’est trop tôt ! ». Bref, je m’ennuie.

Tracy, personnage secondaire de State of Mind
Vous pourrez jouer d’autres personnages dans State of Mind, comme celui de Tracy

Heureusement, le jeu prend une toute autre tournure lorsque l’on comprend le lien qui unie nos deux personnages jouables principaux. Je dis « principaux » car vous serez amenés à en jouer d’autres tout au long du jeu. Si le gameplay reste toujours aussi simpliste et l’histoire tout aussi linéaire, les petits indices cachés ça et là permettent de faire ses pronostics. Et vous l’aurez compris, j’adore ça ! En étant réellement attentifs à ces éléments, on peut tenter de comprendre vers quoi State of Mind souhaite nous emmener, sans que cela ne crève les yeux.

La tête dans le cloud

La sélection de documents dans State of Mind
Vous serez régulièrement amenés à sélectionner des documents pertinents pour pouvoir poursuivre vos objectifs

Même si le gameplay est très simpliste, il mérite quand même que je m’attarde un peu dessus. Comme dans tout bon point and click à la troisième personne, State of Mind vous permet d’interagir avec les différents objets du décor. Vous pouvez ainsi soit prendre l’objet / interagir avec, soit l’examiner. Notez que les personnages sont munis d’un système de réalité augmentée directement relié à leur cerveau, qui permet d’accéder à différentes informations sur les objets.

Au début, je trouvais ça assez fun de les lire. D’autant plus qu’elles permettent souvent de bourrer un peu plus le crâne des perso avec des messages moraux (coucou Black Mirror !). Le hic, c’est qu’à part ça elles n’ont pas un grand intérêt et on les laisse donc vite de côté.

Les graphismes dans State of Mind
Cette photo est sans lien avec ce que je raconte mais elle permet d’aérer un peu mon propos ! 🙂

Comme dans tout bon point and click qui se respecte, on dispose aussi d’un inventaire. Cependant, ne vous attendez pas à aller fouiller dedans : lorsque vous aurez besoin d’un objet, le jeu ira directement le chercher pour vous. Ouais en fait, l’inventaire ne sert à rien. A l’aide de votre CloudCall, qui vous permet de téléphoner par hologramme, vous allez pouvoir appeler « librement » – en réalité, seuls ceux qui sont déterminants pour la progression – vos contacts. C’est ainsi et seulement ainsi qu’Adam et Richard seront amenés à communiquer et échanger des fragments de données utiles pour en apprendre plus sur leur passé.

Enfin, vos découvertes seront souvent ponctuées par un exercice d’une facilité enfantine : la sélection d’un ensemble de documents que vous jugerez pertinents pour poursuivre votre enquête. Tant que vous savez lire, celui-ci ne devrait pas poser de problèmes. Ne vous attendez donc pas à rencontrer de grandes difficultés dans votre progression.

Heureusement, State of Mind varie un peu les plaisir avec des séquences de gameplay plus innovante : pilotage de drones, collecte de fragments de données, piratage de caméras de surveillance et petits « casse-têtes ».  Je dois dire que j’ai apprécié de piloter des drones – même si les joueurs de Liftoff se foutraient bien de ma tronche – et encore plus de griller ses enfoirés de petits voyeurs !

Cet indéfinissable charme, cette petite flamme…

Une femme nue dans State of Mind
Certaines scènes dérangeantes vous font aisément penser à l’univers de la série Black Mirror

Malgré la lenteur du début et les quelques défauts soulignés ci-dessus, State of Mind a, par je ne sais quelle magie, réussit à m’envoûter du début à la fin. Il m’a fallu tout au plus deux ou trois soirées – comptez une dizaine d’heures de jeu – pour en venir à bout avec un enthousiasme grandissant. Chaque soir, j’attendais impatiemment mon tour – Le Geek rentrant plus tôt chauffe le siège avec quelques parties de Fortnite – pour replonger dans son ambiance si singulière.

Singularité que l’on retrouve aussi bien dans sa direction artistique unique que dans le traitement de ses thématiques. Sans vraiment chercher à apporter une nouvelle analyse sur les enjeux du transhumanisme comme pouvait le faire The Red Strings Club, State of Mind raconte avant tout une histoire. Et une histoire parfaitement cohérente ! Les amateurs d’oeuvres dystopiques telles que Matrix, Blade Runner, ou encore la série Black Mirror devraient y trouver leur compte. A condition d’être prêt à se laisser diriger du début à la fin.

Rédiger ce test plusieurs semaines après l’avoir terminé – le retour à la réalité post-vacances a été un peu long – m’a cependant fait réaliser que le soufflé est assez vite retombé… Le test aurait sans doute été plus enthousiaste il y a quelques semaines.

Pour ceux qui voudraient l’acheter, je jeu est à 20€ sur CDKEYS. Prix tout à fait raisonnable pour la dizaine d’heures de jeu qu’il offre ! 

Note

14/20
J’ai aimé

  • Les thématiques abordées
  • La direction artistique unique
  • Les doublages en anglais
  • L’intrigue et ses petits indices
  • Les décors contrastés
J’ai moins aimé

  • Le côté linéaire
  • La difficulté inexistante du gameplay & des énigmes
  • La fin un poil décevante
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