The Sinner : serait-ce péché de passer à côté de cette série ?

Il fallait absolument que je vous parle de la série The Sinner. Je l’ai vue récemment, bien après tout le monde car j’ai découvert son existence après la fin de la saison 2 (diffusée en Octobre de cette année). Pour faire simple, j’ai trouvé cette série intéressante et clairement ancrée dans le genre thriller même si j’ai été un peu déçue par certaines choses.

The Sinner a la particularité d’avoir une intrigue propre à chaque saison et celle-ci s’articule autour d’un personnage en particulier. Chacun des protagonistes commet un acte de cruauté qui semble fou et injustifié et l’enquête va tourner autour ce cet acte pour comprendre les circonstances qui les ont menées à le réaliser. Afin de vous donner un avis complet sur la série, je vais vous parler des deux saisons les unes après les autres et vous donner mon ressenti général, enthousiaste mais pas trop.

Générique The Sinner

« The Sinner : Cora » : une descente en enfer oubliée

La première saison repose sur les frêles épaules de Cora Tanetti (brillamment interprétée par Jessica Biel – eh oui, elle est loin l’époque de Sept à la maison). Cora a la trentaine, elle semble épanouie dans son job, a un mari sympa et un bambin cute. Au vue de son minois, on imagine qu’elle n’est pas la personne la plus heureuse du monde mais on imagine surtout pas ce qu’elle va faire. Lors d’un chouette après-midi à la plage en famille, Cora nage paisiblement (non) et revient sur la plage. Elle trucide un parfait inconnu juste après avoir pelé une poire pour nourrir son enfant. Et encore, trucider n’est pas le mot exact, “asséner 72 coups violents dans le torse à l’aide d’un couteau d’office” serait le terme le plus approprié. Et tout cela sous le regard ébahi de son mari, des amis de l’homme troué et du reste de la plage qui, jusqu’à présent, passait un très bon moment.

Cora Tanetti

Elle est vite emmenée par la police et semble terrorisée par ce qu’elle vient de faire même si elle ne réfute à aucun moment son acte. Elle ne peut simplement pas l’expliquer. La police locale tient le coupable parfait, elle a avoué, mettons la en prison et nettoyons la plage. Le détective Ambrose (la cinquantaine foutrement sexy) n’entend pas cela de la même oreille. Il veut creuser cette histoire et tisser un lien de confiance avec Cora pour comprendre cet acte.

Et je m’arrête ici côté synopsis pour ne pas tout dévoiler. Faites-moi confiance, dans cette saison tous mes ingrédients préférés du thriller malsain sont réunis (avec en bonus un twist final royal).

« The Sinner : Julian » : Une enfance pas comme les autres

En saison deux, l’intrigue tourne (pas tout à fait) uniquement autour de Julian Walker. Un pré-ado (pas trop chiant) qui part en voyages vers les chutes du Niagara avec ses parents. Assis sur la banquette arrière de la voiture, il trépigne de découvrir cette nature sauvage tout en chantant des comptines avec ses parents. Quel joli scénario. A court de gasoil (cheh !), la jolie famille fait quelques miles à pieds et décide de passer la nuit dans un motel (pas du tout) creepy. Au réveil, Julian va prendre le petit déjeuner à la réception pendant que les adultes font un gâteau au chocolat (c’est ma façon de dire « baiser sauvagement contre la porte du motel »).

Julian Walker

Ce petit ange prépare deux bonnes tasses de thé pour ses parents et les surprend en plein cuisson du cake (subtil). Sauf que voilà, quelques minutes après avoir bu le thé, le papa tombe raide mort sous la douche et la maman en fait de même en hurlant à la mort. Elle se traîne sur la moquette dans un râle funeste. Julian estomaqué, s’enfuit et, pris d’une crise de panique attend sagement la police derrière la réception. La police récupère l’enfant et s’aperçoit vite que c’est lui qui les a empoisonnés à l’aide d’une décoction de feuilles hautement toxiques. Encore une fois, le protagoniste, pris la main dans le sac est de suite accusé par la police. Mais c’est sans compter sur Super-Canard le détective Ambrose (seul lien entre les deux saisons) qui va prendre à cœur l’enquête pour tenter d’expliquer le geste de Julian.

Encore une fois je m’arrête ici et j’ai habilement glissé un mensonge dans ce synopsis pour ne pas vous mettre sur une piste.

Bienvenue à Mosswood

Tous les ingrédients nécessaires pour un thriller ambitieux …

La force de The Sinner repose dans  la nature des sujets exposés (passé douloureux, traumatismes, psychologie etc…). On est sur un mix qui marche bien : enquête policière avec un détective charismatique, des personnages fragiles avec un passé houleux et histoire malsaine. C’est ce même mix qui a fait la renommée d’autres séries du même genre comme True Detective ou encore Sharp Objects (dont j’avais parlé dans cet article). Sur le papier, ça a tout pour me plaire, mettez un twist final sur les derniers épisodes et je frise l’adoration.

Ambrose au travail

La première saison reste pour moi la meilleure des deux, avec une intrigue absolument incroyable digne d’un bon thriller à la Franck Thilliez. Elle repose sur une photographie solaire du plus bel effet et surtout sur un très bon traitement des souvenirs de son personnage principal. Le début de la saison est ponctuée de bribes de souvenirs voire de flashs, qui émanent de Cora mais qu’on arrive pas à interpréter. J’ai trouvé cela très percutant quand, en fin de saison, on apprend la signification de ces images. Je n’étais pas spécialement fan de Jessica Biel mais il faut bien avouer qu’elle campe son rôle d’écorchée vive au passé sombre avec perfection. Mention spéciale pour le détective Ambrose qui est joué par Bill Pullman (et qui ressemble beaucoup trop à Robin Williams dans Jumanji). Son personnage est très intéressant mais trop peu développé à mon goût (aussi bien en saison 1 qu’en saison 2), c’est dommage. Et pendant qu’on est dans les ressemblances, Christopher Abbott est le sosie de Jon Snow !

… mais malheureusement pas maîtrisés !

J’ai aimé la saison deux mais pas au même niveau, j’ai trouvé que les efforts de réalisation n’avaient pas été les mêmes dans cette non-suite. Et pourtant, l’intrigue avait tout autant de potentiel. J’aimerais tellement vous dire pourquoi mais je ne divulgâcherais pas (j’adore ce mot). Malheureusement, la série souffre de quelques manques en termes d’explications. Le principe de la série, similaire au mindfuck, t’incite clairement à penser des choses et te les déconstruisent petit à petit pour te montrer quelque chose que tu n’aurais pas pu deviner. Or, au moment de ces « explications » certaines choses ne collent pas (deux exemples parmi beaucoup dans cette série : la mort de la sœur de Cora vue par sa mère / ce qu’est devenu « The Beacon » après les événements de Mosswood). Et c’est FOUTREMENT dommage. Autre chose, dans chacune des saisons on nous montre une scène choquante / qui va trop loin. Le problème c’est qu’elle ne sert absolument pas le propos de la série et ça passe alors pour du malsain gratuit (je pars du principe que tu peux teaser un truc dégueulasse sans pour autant obliger ton audience à y assister).

Les soeur Tanetti

Je suis curieuse de savoir ce que vous en avez pensé. J’espère qu’une saison trois aura lieu un jour et que le détective Ambrose nous expliquera un peu plus la raison de son attitude (bordel, ce personnage a un tel potentiel :D).

On se retrouve très bientôt pour les Geekmick Awards et j’ai hâte de passer en revue cette année pleine de films et séries cool, pour ma part !

Les + de la série :
– Des personnages intéressants
– Des intrigues qui valent le coup
– Une jolie photographie
Les – de la série:
– Rythme de narration plutôt inégal
– Intrigues mal maîtrisées qui perdent en substance
– On veut savoir pourquoi Ambrose est grumpy !

Ma note finale

7/10
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