Test PC – Thimbleweed park : le point and click qu’il te fallait

Thimbleweed park, c’est LE jeu que j’attendais impatiemment depuis près de deux ans ! Et pour cause : il signait le grand retour de Ron Gilbert (The Secret of Monkey Island ma gueule <3) et Gary Winnick. Le duo de choc à qui on doit l’excellent Maniac Mansion. Si vous n’avez pas eu la chance de jouer à ces deux LucasArts incontournables et que vous êtes amateur de point and click, je vous invite tout de suite à corriger cela !! Et sachez que je dis ça avec un ton légèrement moralisateur (jdéconne, j’ai rien à dire je démarre Mass Effect, The Witcher..hum.)

Il semblerait que je n’étais pas la seule à avoir besoin d’un bon shot de point and click à la sauce LucasArts puisque 15 623 contributeurs ont engagé 626 250 $ pour soutenir le projet Thimbleweed Park sur Kickstarter. Le projet a donc pu voir le jour et sortir le 30 mars dernier sur PC et One.

En pleine digestion du premier tour, moi je vous propose du vrai bonheur en boîte loin de tout ça, un bon retour aux sources que tout nostalgeek saura apprécier avec Thimbleweeeeeed Park-a-reno !

Delores, programmeuse geekette dans Thimbleweed Park

Aux frontières du réel

No. I’m pretty sure Twin Peaks and X-Files decided to do comebacks because of the success of our Kickstarter.

Ron Gilbert

Les 4 personnages jouables de Thimbleweed Park

L’histoire débute en 1987 dans un mystérieux patelin dépeuplé nommé Thimbleweed Park. Après une brève intro, vous démarrez dans la peau de deux agents, qu’on serait tentés d’appeler Mulder et Scully, se rencontrant pour la première fois pour enquêter sur un meurtre. Le cadavre qui git dans une petite mare ne semble déranger personne. Pas même le shérif de la ville, qui ponctue toutes ses phrases en « a-reno » et ressemble à s’y méprendre au médecin légiste. A la seule différence que ce dernier ponctue ses phrases par « a-who ». Bref, dès les premières minutes, on est convaincu que l’aventure va être folklo.

Ransome dans Thimbleweed Park
Ransome légèrement vénère !

Et c’est sans compter sur les trois autres personnages que vous serez amenés à jouer tout au long de l’aventure : Ransome, le *bip* de clown *bip* de vulgaire qui insulte tout le monde, Delores, geekette programmeuse dont la médiathèque ferait plus d’un jaloux,  et un fantôme, que je vous laisserais le soin de découvrir. A travers Delores, mais aussi différents clins d’oeil distillés dans le jeu, Thimbleweed Park assouvit notre soif de références popculturesques des années 80-90. Et ça fait du bien ! Retrogaming, comics, développement et programmation… Il y en a vraiment pour tous les geeks sans jamais tomber dans le lourdingue (je pense à Yesterday Origins et ses nombreuses références à facebook et autres trucs bidons dont je me serais bien passée). On sent qu’on a affaire à de vrais passionnés qui se sont fait plaisir avant même de chercher à nous faire plaisir !

Delores dans Thimbleweed Park
Delores, notre chère geekette programmeuse

A la façon de Twin Peaks (ou Snatch, ou 21 grammes ou tout autre film ou série à destins croisés de votre choix) les différents personnages ne se connaissent pas, pour la plupart en tout cas, ou même parfois ne s’apprécient pas mais vont tous contribuer à leur façon à l’histoire. Comme dans Day of The Tentacle, vous allez pouvoir switcher d’un personnage à l’autre à votre guise. A condition que ces derniers ne soient pas momentanément indisponibles (heinhein)… Et chaque personnage réagit et interagit à sa façon avec les PNJ et éléments qui l’entourent. Ce qui m’a d’ailleurs valu de bonnes barres de rire, notamment avec Ransome dans une scène que je ne voudrais pas vous gâcher.

Insultes gratuites avec Ransome dans Thimbleweed Park
Vous pouvez même insulter les gens gratos !

Et comme les PNJ sont eux-mêmes complètements perchés (on sait pourquoi certains ont élu domicile dans Thimbleweeeeeed Park), ça donne forcément lieu à des dialogues poilants. Tellement que vous serez parfois prêt à poser 100 fois la même question pour découvrir la petite centaine de réponses prévues par nos deux concepteurs. Dans Thimbleweed Park, les plaisanteries les plus longues sont les meilleures. Les Jean-Michel impatients et Jean-Michel 1er degré ont tout intérêt à se tourner vers d’autres jeux, au risque de ne pas savoir apprécier les taquineries de notre duo de choc.

SCUMM ça que je t’aime ♬

Ok, j’étais vraiment pas inspirée pour ce nom de partie. Mike Brant doit se retourner dans sa tombe. Je m’en excuse.

Comme on pouvait s’y attendre, Thimbleweed Park utilise le moteur de jeu SCUMM (Script Creation Utility for Maniac Mansion). Moteur de jeu imaginé par notre cher Ron Gilbert qui était une petite révolution à l’époque pour les LucasArts. Il a notamment permis d’éviter au joueur de ne plus avoir à utiliser une ligne de commande (un peu relou de taper les actions souhaitées) au profit du pointer-et-cliquer. Ainsi, pour jouer à Thimbleweed Park, vous interagissez en cliquant sur la commande que vous souhaitez (« regarder », « utiliser », « pousser », « tirer », »ouvrir », « fermer », « prendre », « parler ») et sur l’élément du décor avec lequel interagir. Amen !

Certains diront « ouais c’est un peu relou quand même, ils auraient pu moderniser le game design », non sacrilège ! C’est ça qu’on veut pour replonger complètement à l’époque de Maniac Mansion. Je replonge à l’époque où je l’avais téléchargé sur abandonware (avec aussi des bons nanards à la Leisure Suit Larry) à environ 8 piges. Sans compter sur ses graphismes qui en impose beaucoup plus que prévu avec un style rappelant celui de Monkey Island. Amen-a-reno !

Graphismes dans Thimbleweed Park

Chaque personnage possède son propre inventaire avec des items qu’il peut échanger. Chacun possède sa petite todo list qui se complète au fil de vos trouvailles. Plutôt pas mal pour s’y retrouver. Car le jeu ne vous prend pas par la main et vous plonge dans une map assez grande, dans la peau de 5 personnages différents. 2 femmes et 3 hommes, la parité est quasi-respectée. Surtout qu’on n’a aucun mal à s’identifier à notre chère geekette Delores, qui rattrape heureusement le manque d’intérêt de l’Agent Ray (l’autre agent semble être sa simple déclinaison masculine sans différence de personalité). Peut-être aussi que cela vient des doublages réussis mais parfois inégaux. Ransome restant mon préféré.

Vous allez donc pouvoir faire mumuse avec 5 personnalités différentes et leurs gros inventaires respectifs sur une map assez grande. Sachant que vous pouvez ramasser beaucoup d’items, dont pas mal d’inutiles. Je me suis retrouvée à faire une collecte de déchets pour aller les jeter. Mais ça ne m’a pas avancée dans l’game. Les deux ricains s’amusent de nous sans jamais nous lasser. Mention spéciale pour une mission difficilement faisable que vous verrez, peut-être comme moi, apparaître dans votre todo list. A moins d’être très patients (les chiopoteurs du pixel comprendront quand ils auront joué) celle-ci sera carrément impossible. J’ai trouvé ça très drôle. Mais Ron Gilbert & Gary Winnick font aussi dans l’auto-dérision en taillant tout au long du jeu les concepteurs de jeux vidéo. C’est donnant donnant.

Humour et références dans Thimbleweed park
Mouahahahha

Massage de matière grise

Oh, un grain de poussière !

Thimbleweed Park ne vous prend pas par la main et vous laisse avancer en toute liberté avec chaque personnage. Le Geek et moi n’avons d’ailleurs pas vécu les événements dans le même ordre, pourtant il n’a fait que la première heure. Attention aux spoils en couple ou entre potes en mode backseat gaming. Parfois le fait de débloquer certains objectifs avec un personnage, vous permettra de débloquer la situation avec un autre. C’est franchement bien foutu les potes. J’ai aussi passé pas mal de temps sur une énigme « cachée » qui était au final inutile puisque « pour le prochain jeu ». J’ai même pas eu les boules, j’ai trouvé ça très drôle !

D’autant plus que si comme moi vous choisissez le mode « hardcorewarrior du point and click » (ok, c’est moi qui l’appelle comme ça) et non le mode « kikimou casual » (ok là c’est le vrai nom), mieux vaut ne pas être pressé puisque vous en avez pour une bonne vingtaine d’heures de jeu. 25h pour moi. Pour un point and click actuel c’est vraiment pas dégueux, mais quand en plus c’est avec des énigmes aussi chiadées on n’a plus rien à redire. En mode « casual » visiblement certains objets sont par exemple déjà « craftés » pour vous faire gagner du temps, je n’ai aucune idée de la durée de vie avec ce mode que je n’ai pas testé. Sans jamais être tirées par les cheveux, les énigmes vous demandent simplement de réfléchir et faire preuve de logique. Enfin un jeu qui masse la matière grise juste comme il faut !

Thimbleweed Park : Masseur de matière grise

Quelques conseils donc :

  • Quand les concepteurs vous glisse dans un dialogue qu’il vaudrait mieux sauvegarder, c’est pas toujours pour blaguer !
  • Ne faites pas de trop gros breaks entre deux parties de Thimbleweed Park (oh merde, on dirait des conseils de mag santé/forme), au risque d’être complètement pommer dans votre progression.
  • Si vous êtes des vrais, choisissez le mode hardcore
  • N’ayez pas peur d’être un PEBCAK (Problem Exists Between Chair And Keyboard) et de bloquer sur des trucs parfois plus simples que ce que vous croyez.
  • Si vraiment vous êtes bloqué depuis 3h, n’ayez pas honte d’aller voir les soluces (sauf si vous êtes en mode casual, là franchement alerte au PEBCAK). Je l’ai fait une fois, j’avoue, j’ai presque honte mais c’était plus possible.Thimbleweed Park de Ron Gilbert & Gary Winnick

L’interdépendance est particulièrement bien construite (vous vous rappelez ces problèmes de math « B. prend 6 ans, son frère P. prend 4 ans de moins que S. qui a deux ans de moins que A. »). Qu’ils le veuillent ou non, nos 5 perso ne vont pas avoir d’autres choix que de s’entraider, sans pour autant avoir besoin de communiquer entre eux. Petit détail curieux mais dans Thimbleweed Park, les détails ne sont jamais anodins. Rien n’est laissé au hasard et le scénario est vraiment surprenant et parfaitement bien ficelée. Je n’en dirai pas plus ! Enfin² une fin qui ne me laisse pas sur ma faim. Le final est carrément à la hauteur du reste et on est loin du sentiment de fin bâclée que j’ai pu rencontrer récemment avec 2Dark.

Ça c’est ce qu’on appelle du retour en force ! Je croise fort les doigts pour que cette expérience concluante leur donne envie de remettre le couvert ! 20 boules sur Steam, et croyez-moi ça les vaut !

Élu coup de coeur Point & Click 2017 ! Labellisé bien foutu les potes par Geekmick !

Les plus

  • On rit du début à la fin
  • Enfin des vraies énigmes logiques
  • Un scénario super bien ficelée
  • De belles références pour les geeks en tous genres
  • 25h de jeu en mode « hard »
Les Moins
  • Euhhhh
  • Bon ok si je dois vraiment pas en trouver une c’est la bande origine qui n’est pas ouf
  • Note globale

    18/20

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