Test PC – The apartment : syndrome de stockholm


Il y a des êtres humains que je trouve aussi attachants qu’exaspérants. Mon chat Balec en fait par exemple partie. Tantôt je le trouve trop kiki et j’ai envie de lui faire plein de câlins, tantôt j’ai envie de le faire cuire avec des noodles. Mais je prends sur moi et essaye de me concentrer sur ses qualités… The apartment m’a fait le même effet. J’ai rarement éprouvé autant de haine que d’admiration envers un studio de jeu vidéo. Bon ok, pour la haine j’y vais peut-être un peu fort.

Sorti le 26 janvier, The Apartment est le tout premier jeu vidéo du studio Shattered Mirror. Il est d’ailleurs difficile, voire impossible, de trouver des infos sur le studio à l’heure actuelle. Mais le « Nightmare Trailer » de ce « thriller psychologique d’action aventure » a su piquer ma curiosité. Sa courte durée de vie annoncée de 4-5h a fini de me convaincre. Entre deux Zelda c’était pile poil ce qu’il me fallait. Petit hic tout de même pour ceux qui ne parlent pas la langue de Britney Spears : le jeu est uniquement dispo en anglais. Pas de sous-titres fr. Un niveau basique devrait cependant suffire à comprendre.

Quatre ou cinq heures c’était en fait sans compter sur les nombreuses minutes de galère et d’errance qui m’attendaient.

The Apartment

L'appartement de James - The Apartment

Vous êtes James, vieux flic américain à qui la vie sourit pas vraiment. Votre chambre est devenue votre bureau, les bières et les dossiers s’entassent dans votre appartement et votre femme vous a quitté. Bref, vous réunissez tous les clichés du flic qui passe beaucoup trop de temps au boulot. Maintenant seul, vous voilà bien décidé à vous consacrer à votre grosse enquête du moment : un tueur en série qui a un faible pour les jeunes femmes de la vingtaine. Quand vous débutez le jeu, il a déjà fait deux victimes qui ne semblent pas avoir grand chose en commun. Bref, pour le moment c’est l’impasse. A vous de trouver ce qui a bien pu motiver le tueur !

 This game is switching scenes and environments faster than you would imagine. Always trying to keep one step ahead of the player.

Abba ouiii, j’avais pas lu ça avant !

Et ça commence direct dans le dur sans vous prendre par la main avec une première phase de recherche dans l’appartement de James. Cet appart’, c’est d’ailleurs un peu le point central de tout. C’est ici même que vous allez venir croiser vos infos. Sans doute pour ça que ça s’appelle « the apartment » tiens. Comme vous pourrez le voir dans mon walktrou (vous pourrez aussi voir que j’ai un superbe accent anglais), cette première phase de recherche est déjà une petite galère. Une belle introduction pour illustrer le reste de l’aventure où vous allez devoir tendre l’oreille (ya que moi qui trouve que le son est hyper mal réglé ?!) et ouvrir grand vos yeux.

Le gameplay est plutôt classique pour le genre même si difficile à prendre en main : se déplacer, utiliser un objet, trainer un objet (pitié plus jamais ça), sauter (ça sert presque jamais) et s’accroupir. En bonus très ponctuel : recharger votre gun, cibler et tirer. Bah ouais action-aventure on vous a dit !

James pas bon(d)

Test PC The Apartment - Shattered Mirror
Vos branleurs de collègues

Que celui qui n’a jamais passé plus de 10 minutes à fouiller les lieux du jeu sans but précis me jette le premier mulot. Soit je suis vraiment pas douée, soit tout est franchement un peu trop « bien » caché. Perso, il m’a parfois fallu une centaine d’aller-retours et de nombreux clics intempestifs pour trouver le dernier put*** d’indice qui me manquait pour passer à la scène suivante. M’étonne po que l’enquête avance pas ! Par moment c’était franchement frustrant de perdre 3h de ma petite vie de femme active à chercher je sais pas trop quoi. Pour que ça s’avère en fait être 3 crottes de nez de cocaïne sur une pauvre table. Et qu’on me demande si c’était de la farine ou de la drogue. Meh.

Mais ça encore c’est RIEN par rapport à la frustration que j’ai eu en devant recommencer la même scène de crime x fois pour m’être précipitée sur une réponse/pris un coup de jus/trompée d’hypothèse. The Apartment est très punitif mais pas seulement : il est aussi très mal foutu.

Scène de crime dans The Apartment
La fameuse scène que j’ai dû recommencer x fois à zéro à différents stades d’avancement

C’est rare que je sois aussi rude avec un jeu vidéo. Surtout un petit jeu indé. Mais franchement quoi les gars… Vous trouvez ça normal si au bout de 8h de jeu (oui bon ça aurait sans doute été 3h si j’avais pas recommencé 100 fois la même scène) :

  • Je dois toujours porter un objet en le traînant péniblement devant moi
  • Cet objet me ralentit en tournant sur lui-même
  • La putain de clé que j’ai galéré à trouver se retrouve perdue derrière la porte qu’elle servait à ouvrir (là aucune autre solution que recommencer)
  • Le perso ne sait toujours pas sauter de plus de 2 cm de haut et je n’ai toujours pas eu connaissance de son handicap
  • Savoir sauter finit par vraiment servir. Sauf qu’on me demande de deviner qu’il faut sauter sur une OMBRE en jouant avec les lumières.
  • J’ouvre une mystérieuse porte et me retrouve perdue dans le néant, obligée de recommencer le niveau

J’ai envie de crier tout un tas d’insanités puis de me faire rembourser le jeu pour ENFIN pouvoir aller me coucher (on me voit d’ailleurs beaucoup bailler sur les vidéos). J’hésite entre pleurer de rire de fatigue ou de désespoir. Je me suis même mise à chanter du Sandy Valentino (mais si tu sais « pouuuuurquoi pourquoi tout ça n’arrive qu’à moiii ♫ ») sans comprendre d’où ça me revenait. Mais non, malgré tous ses « détails » exaspérants, j’ai continué parce que j’ai beaucoup de mal à ne pas terminer quelque chose. Et que je dois avouer qu’il y a ce petit truc qui rend finalement quand même The Apartment très cool. Mon adresse hotmail quand j’étais jeune c’était violainesm@hotmail… SM pour Saint-Martin. Ou peut-être pas…

James Gordon

Bon maintenant que j’ai rhabillé The Apartment et l’équipe de Shattered Mirror pour l’hiver, je peux vous parler des gros points positifs de ce jeu d’aventure. Car oui, il y en a de gros ! Et c’est pour cette raison que c’est d’autant plus frustrant d’avoir l’impression parfois de jouer à un jeu qui a été fini à la pisse. Ou mal recetté si vous préférez. Erf pardon déformation professionnelle…

Parfois, on pourra être tenté de souligner le génie des mecs en interprétant certains mécanismes foireux comme un parti pris… Une volonté de traduire le réalisme des graphismes jusque dans le gameplay, ou de se jouer volontairement du joueur trop habitué à être pris par la main… D’autres fois ça ne prend tout simplement pas et ça décrédibilise le tout.

The Apartment : les énigmes
Certaines énigmes sont vraiment bien pensées

Shattered Mirror a au moins le mérite de nous pousser à réfléchir différemment. Cela ne fait aucun doute, les énigmes sortent tout droit des têtes pensantes du studio. Et je mettrais ma main à couper que ce sont des fans d’escape game. Ils se sont vraiment donnés du mal pour penser les énigmes (en tout cas c’est mon ressenti).. Dans ce cas il est légitime d’en attendre autant de nous. The Apartment nous invite à observer les décors avec attention, à décider nous-même de l’utilité ou l’inutilité des objets. Chose pas toujours simple lorsque la quasi-totalité des objets est cliquable et déplaçable. Pour une fois, vos connaissances en mathématiques et suites numériques pourraient même vous être utiles !

The Apartment PC

Autre point qui fait remonter la note de The Apartment : son ambiance plutôt réussie. Chaque nouvelle avancée dans l’enquête se ponctue généralement d’un petit cauchemar mettant vos nerfs à rude épreuve. Les petites flippettes comme moi pousseront forcément 2-3 petits cris d’effroi. Les autres se contenteront de quelques sursauts et d’une petite dose de stress. Légèrement gore, The Apartment est avant tout angoissant. Cris strident d’enfant, musique à suspense, chuchotements dans la pénombre… Tout ce qu’il faut pour que je mette inconsciemment en apnée.

On ne peut nier le joli – bien que rapidement prévisible si on est un tant soit peu attentif – retournement de situation offert par l’intrigue globale. En parallèle, les cauchemars viennent apporter une nouvelle part de mystère à l’histoire. A se demander si notre bon vieux James n’y va pas un peu trop fort sur la bière. Chacun interprétera comme il veut l’intérêt de ces pauses cauchemardesques. Pour moi il s’agit surtout de traduire la culpabilité qui ronge James de l’intérieur. Tout au long de l’enquête il a l’impression de faire fausse route. Il s’imagine que le monde est contre lui, aussi bien les victimes du tueur que les meubles… Ça doit pas être très beau dans sa tête quand il est en route pour le boulot.

Les plus patients verront leur patience et leur sang-froid récompensés. Vous saurez tout comme moi apprécier la beauté des plans durant certaine phase plus calme…

Graphismes The Apartment
Un peu de douceur dans ce monde de brutes !

Mais vous apprécierez d’autant plus la dernière phase de gameplay où The Apartment prend la forme d’un beat them all. James pas Bond laisse enfin place à un James Gordon couillu et increvable. Imaginez-vous buter un nombre démentiel de mecs sur les 4 étages d’un hôpital. Le tout sur fond de musique rock/métal (ouh yeah maddafaka). On se sent un peu comme Bruce Willis dans Die Hard. Si on oublie les quelques petits bugs malheureusement encore présents (coucou le viseur qui veut plus viser), on obtient un bon défouloir pour oublier ces quelques passages de galère !

The Apartment jeu d'action - aventure

Est-ce que je vous recommande The Apartment ? Bah oui et non. Je me suis un peu sentie prise en otage par ce jeu… J’ai l’impression d’avoir passé plus de temps à subir qu’à prendre mon pied. Malgré tout ça j’en garde une impression globale assez positive. C’est… une expérience intéressante dont je ressortirai plus forte ! J’me la garde sous le coude pour vanter ma détermination lors d’un entretien d’embauche. Blague à part, si vous êtes patients et avez envie de vous creuser un peu la tête avec une petite touche d’angoisse, ce jeu est fait pour vous. Sinon, passez vite votre chemin ! Je veux pas que vous pensiez à moi quand vous buterez les méchants dans l’hôpital. 🙂

9€99 sur Steam. On crie pas au vol mais si on est ric-rac on les garde donc pour autre chose. On attend sagement mon walkthrough commenté qui devrait sortir ce week-end le temps que je vous trie tout ça (retirer les moments de pleurs, d’insultes, de jeté de clavier, ou quand Balec présente son anus à la caméra…). On économise et on se moque gratuitement de moi sur Youteub. Je vous fais même la traduction (parfois).

Note

6/10
Les plus

  • L’ambiance angoissante réussie
  • L’intrigue réussie aussi
  • Les énigmes très originales et bien pensées
  • La musique
Les moins
  • Les bugs
  • La maniabilité
  • Les trop nombreux fail & retry
  • Trop punitif
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    1 Comment

    • Je me serai bien acheté ce jeu vidéo, mais j’avoue que les « moins » me freinent énormément. Pour cette fois, je vais me contenter de let’s play sur YouTube, lol.

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