Test PC – 2Dark : c’est qui l’papa (du survival-horror) ?!

Le tout premier jeu de survie-horreur (ou plutôt survival-horror, faut vivre avec son temps ma gueule) auquel j’ai pu jouer, c’était Alone in the Dark : The New Nightmare. La saga Alone in the Dark en était déjà à son quatrième opus mais pour moi, du haut de mes 11 ans, c’était ma toute première fois toute toute première fois toute première aventure vidélo-ludique-horrifique-hic. Je remercie d’ailleurs kellogg’s (et mes parents de m’en avoir acheté) pour m’avoir fait découvrir la démo du jeu à l’époque planquée au fond de mon paquet. Conquise, j’avais fini par acheter le jeu complet. Ni une ni deux, quand j’ai su que MR. Frederick Raynal (créateur d’Alone in the Dark, accessoirement papa du survival-horror) sortait un nouveau jeu intitulé 2Dark j’ai foncé tête baissée ! Nostalgeek que je suis !

Souvenirs Alone In The Dark The New Nightmare
Ça rappelle des souvenirs, nan ?

Sorti le 10 mars dernier sur PC, Mac, PS4 et XboxOne, 2Dark est un jeu d’aventure, infiltration et horreur développé par le studio français Gloomywood et édité par Big Ben Interactive. Propulsée par une campagne de crowdfunding sur Ulule, la nouvelle réalisation de Frederick Raynal était très attendue des amateurs du genre. Personnellement, je dois avouer que j’avais un peu zappé ce projet jusqu’à ce que je retombe dessus sur Steam. Alors, c’est qui l’papa ?!

2Glauque

Parc d'attraction 2Dark
Un vieux parc d’attraction délabré.

Sous ces graphismes en voxel* mignon et cracras à la fois, rappelant un Hitman 2D en vue du dessus, 2Dark vous plonge dans une histoire bien plus sombre qu’escomptée. Vous incarnez Smith, ancien flic enquêtant sur d’étranges disparition d’enfants traumatisant les habitants de Gloomywood. Enquête devenue une véritable obsession pour notre héros et ce à juste titre : il a lui-même assisté au meurtre de sa femme et au kidnapping de ses enfants lors d’une nuit au camping plusieurs années auparavant. Convaincu qu’il peut encore retrouver ses enfants, sans doute plus tout jeunes (si toutefois ils sont encore en vie), notre ex-flic solitaire va tout faire pour arrêter les psychopathes potentiellement liés au drame qui l’a dévasté.

Psychopathes, c’est le moins qu’on puisse dire puisque vous allez découvrir que leurs crimes ne se « limitent » pas au kidnapping et aux meurtres d’enfants. Abus, violence, exploitation, cannibalisme… 2Dark, qu’on devrait d’ailleurs renommer 2Glauque, ne nous ménage pas. J’ai trouvé ça assez couillu de traiter de cette thématique jusqu’au bout, mais c’est (bizarrement) pas le jeu que je conseillerais à un pote parent ! Je ne rentrerai pas plus dans le détail puisque chaque niveau vous emmènera dans un nouveau lieu vous permettant d’en apprendre plus sur le réseau de psychopathes qui terrorise la ville.

2Dark 2Glauque
Miam, le livre de recettes de mamie

Dans chacun de ces niveaux l’objectif sera le même : sauver les enfants en les amenant jusqu’à la porte de sortie et récolter tous les indices. Pour arriver à vos fins vous allez devoir éviter le personnel et les nombreux gardes surveillant le lieu en question. Pour cela, vous pouvez profiter de la pénombre pour vous déplacer sans être repéré, à condition de rester discret en marchant sur la pointe des pieds. Pour vous éclairer, votre inventaire se composera la plupart du temps d’un briquet, d’une lanterne et d’une lampe de poche. A vous de juger quelle source de lumière sera la plus adaptée à la situation.

D’autres items vous seront d’une aide précieuse. A commencer par les bonbons, qui, ironiquement, vous serviront à attirer les enfants. Ouais, fallait oser ! Ces bonbons pourront également vous sortir de nombreuses galères. Mention spéciale pour le niveau où je me suis retrouvée sans munitions et où l’ennemi ne pouvait être affaibli qu’à distance… Je vous laisse imaginer le ridicule de la scène !

Petit détail particulièrement bien pensé : pour sauvegarder votre partie il vous faudra combiner le briquet avec votre paquet de clopes et ainsi prendre quelques secondes à l’abri pour relâcher la pression. A utiliser avec modération et raison cependant : vous n’aurez qu’un seul emplacement de sauvegarde. A vous de choisir le bon moment au risque de devoir vous retaper tout le niveau…

Sympa le système de sauvegarde

Vous l’aurez compris, l’infiltration est au coeur de 2Dark. Enfin, quand on a vraiment le courage de jouer la carte de l’infiltration jusqu’à la fin.

Pour ma pote qui me lit sans doute mais doit froncer les sourcils à la lecture de ce mot : Voxel = pixel en 3D. Et si tu veux vraiment crâner en soirée, c’est la contraction de « volume » et « élément » ma gueule.

2Prenant

Test de 2Dark sur PC

Pénombre omniprésente, bruitages bien dégueux (mention spéciale pour le niveau où vous les entendez dévorer on-ne-veut-pas-savoir-quoi comme des gloutons), bande-son (avec du bon vieux rock) contextuelle et de qualité… On plonge aisément dans l’ambiance glauque de 2Dark et je vous conseille d’ailleurs fortement d’y jouer avec un casque pour une immersion totale.

En tant que fan de point and click, j’ai été à premier abord plutôt séduite par l’idée du gros inventaire rempli d’indices, d’armes et autres items. Le hic c’est que la plupart des objets, les indices récoltés en fait, n’ont pas vraiment d’intérêt. Très vite rempli d’indices, de clés (bordel mais c’est laquelle qui ouvre cette foutue porte), de bonbons et autres petites conneries, l’inventaire devient très vite compliqué à manipuler. Bonjour la galère quand les munitions se retrouvent à l’autre bout de l’inventaire par rapport au gun, ou les piles à l’autre bout de la lampe torche.. Quand un ennemi est en approche on a moyennement envie de perdre du temps sur un glisser-déposer. Surtout quand on n’a plus d’autres choix que de dégainer pour se débarrasser de lui. Bref, on a vu mieux niveau ergonomie.

Inventaire 2Dark
Paye ton inventaire !

On en peut pas tellement parler de jeu de survie-horreur puisque le côté vulnérabilité et ressources limitées ne sont pas vraiment très poussés. Vous vous retrouverez assez rarement en dèche de munitions puisque vous aurez toujours tout un tas d’alternatives pour arriver à vos fins. Bon, j’avoue j’ai quand même eu mes moments craquages où j’ai buté tout le monde (« balec c’est des psychopathes » #dexter) sur la fin ! Mais il faut cependant avouer que la plupart des ennemis sont très durs à tuer et, une fois qu’ils vous ont repéré, vos chances de survie sont très réduites.

Pour les fous furieux, un mode défi propose même de finir le niveau en ayant sauvé tous les enfants (ça, ça va), ramassé tous les indices et bonbons (ça aussi), et tué personne (euhhh…). Perso ça m’a pas tenté !

Car la difficulté est bien là pour ce qui est de l’infiltration. Vous allez devoir la jouer rusé en suivant les patterns de vos ennemis. On apprécie même de pouvoir se déguiser à deux reprises pour passer inaperçu. Dommage que cette fonctionnalité n’ait pas été davantage exploitée. Sinon bah, comme dans tout bon jeu d’infiltration qui se respecte, la meilleure méthode de meurtre reste le coup de couteau ou de batte par surprise.

Le comportement assez imprévisible des enfants pourra cependant assez facilement perturber le pattern ennemi. Gare aux cris (parfois injustifiés) ou à leur impatience. Mais bon, un petit bonbon rose et ça repart. Les missions d’escorte sont d’ailleurs plutôt bien foutues puisque vous pouvez demander à l’enfant de rester à un endroit précis ou de vous suivre. Vous devrez également faire attention à ce qu’il ne croise pas les cadavres de vos victimes au risque de s’arrêter net en hurlant.

D’ailleurs, ces petits derniers se font violenter devant vos yeux et peuvent évidemment mourir si vous laissez les ennemis les approcher de trop près. J’vous avais prévenu, le jeu ne fait pas dans la dentelle. Attention aussi aux actes manqués: et bim un coup dans la tronche du gamin que vous deviez sauver, un ! Il faut dire que 2Dark est assez difficile à prendre en main lors des premières minutes de jeu. Vous allez finalement très vite comprendre que les actions sont assez limitées : prendre un objet, actionner un mécanisme, donner un coup, ou déplacer un objet (celle-ci est très peu utilisée).

2Frustrant

Petit cacedédi pour mes collègues

C’est mon petit côté nostalgeek avant tout qui a réussi à me tenir en haleine tout au long du jeu. Mais certainement pas sa jouabilité !

2Dark souffre tout d’abord d’une intelligence artificielle pas toujours fiable : quand vous pourrez aisément vous acharner sur certains ennemis soudainement immobiles ou coincés dans un coin, d’autres vous grilleront sans aucune raison. Je pense notamment au niveau où vous vous faites passer pour un agent d’entretien et où l’hôtesse d’accueil active l’alarme en criant que vous possédez une arme, alors que c’est votre balais.

Autre problème : le sadisme du studio qui prend un malin plaisir à glisser des pièges gratos dans l’obscurité. C’est 2Injuste quand on tombe pour la putain de 2ème fois dans le même foutu trou ou qu’on se prend un piège caché dans l’obscurité. Le tout avec le cri (ou rire ?) d’enfant stressant en fond sonore qui va bien ! Jumpscare garanti la première fois où ça vous arrivera.

J’ai tout de même largement réussit à passer l’éponge sur les quelques bugs du jeu et soucis de jouabilité pour une bonne raison : le scénario prenant. J’avais très envie de savoir ce qui se cachait derrière ce réseau de psychopathes et pourquoi tant de haine envers les chiards enfants. Eh bien, sans spoil, j’ai eu plus d’éléments de réponses lors du game over du tout dernier niveau, qu’après avoir enfin fini le jeu avec succès.

Si 2Dark surprend pour sa thématique assez osée et jusque-là jamais ou peu traitée ainsi que pour son univers singulier, sa trame monte crescendo pour finalement carrément partir en sucette. Et malheureusement arriver à une fin complètement bâclée avec un twist plus ou moins prévisible mais carrément pas expliqué.  La débandade quoi ! Quand je vois comment j’en ai bavé pour les derniers niveaux, tout ça pour… peanuts !

Voilà pourquoi quand on me demande « Alors 2Dark t’en as pensé quoi ?! » je n’arrive pas à répondre mieux que « ahhhhhh bahhhh c’est pas mal maiiiiis….. » en haussant les épaules et en souriant bêtement ! Bon en gros, là il est à 24.99€ sur Steam, je vous conseille d’attendre une petite promo pour le tester car il en vaut tout de même la peine rien que pour son originalité et parce que c’est le jeu de papa Raynal quoi !

 

 

1 Comment

  • Coucou,
    Je ne fais que de nouvelles découvertes à travers ton blog ! Ce Survival horror m’a l’air très intéressant. J’adore les jeux où il y a plein d’énigmes à résoudre telles que celle-ci.

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