[Test] Among the Sleep, le survival-horror pas si enfantin

Test du jeu Among the sleep

Cette semaine, entre deux missions du copieux The Division (d’ailleurs je cherche des poto pour jouer, à vos id psn !), j’ai voulu faire une pause avec un tout autre style de jeu vidéo acheté sur PS4 grâce aux promos de Pâques : Among the Sleep.

Initialement sorti en mai 2014 sur PC, Among the Sleep, survival-horror du studio norvégien Krillbite, casse les codes du genre en proposant une expérience pour le moins originale : confronter le joueur aux peurs enfantines à travers le point de vue d’une petite fille haute comme 3 pommes, accompagnée de son ours en peluce nommé Ted. Alors forcément, quand j’ai vu qu’il était en promo je me suis vite laissée séduire par le concept.

Je vous donne mes impressions sur ce jeu, que les puristes du genre ne trouveront sans doute pas transcendant, mais qui vaut selon moi le détour.

Un jeu d’enfant

Un petit tour en toboggan ?
Un petit tour en toboggan ?

Certains seront tentés de dire qu’à premier abord, Among the Sleep n’a rien d’un survival-horror. Pourtant, en nous mettant dans la peau d’une petite fille de deux ans, on peut dire que notre vulnérabilité, critère n°1 du genre, est à son sommet. Le gameplay est très limité mais en même temps notre héroïne est déjà bien débrouillarde pour une petite de deux ans : vous pourrez donc vous déplacer debout, ou à quatre pattes pour aller plus vite ou se cacher, attraper et lancer des objets, tirer des poignets/placard et escalader. Mais aussi câliner Ted, votre petit ours en peluche qui parle, rassure et fait office de source lumineuse.

Après avoir pris connaissance des commandes, vous vous retrouvez donc dans la peau de « la puce » qui fête ses deux ans en compagnie de sa jeune maman. Entre deux bouchées de gâteau, un inconnu vient sonner à la porte et se fait envoyer bouler par la mère qui ne tarde pas à vous ramener dans votre chambre pour jouer avec votre cadeau. Vous en déduisez rapidement que vos parents se sont récemment séparés et que l’inconnu devait être votre père, qui est venu déposer le fameux cadeau : l’ours en peluche Ted.

Test du survival-horror Among The Sleep
Votre copain Ted. Bon, ok il a une tête de psychopate, mais ne pas toujours se fier aux apparences…

Le petit ours tout mignon va être votre nouveau compagnon de jeu. Vous lui montrez tous vos jouets, jouez à cache-cache… Tout il est beau tout il est mignon, votre maman vient vous coucher en vous chantant une petite berceuse. Bon c’est sympa mais nous on veut de l’horreur. La nuit tombe et ENFIN ça commence à être intéressant !

Un cadavre dans le placard ?

Un petit coup de toile serait pas de trop !
Un petit coup de toile ?!

Comme pour nous préparer avant le cauchemar qui nous attend, notre ami Ted nous propose de nous cacher dans le noir complet. Et quoi de plus noir qu’un placard ? Celui-ci semble occuper une place centrale dans l’histoire. Le placard, c’est à la fois le lieu où l’on se sent en sécurité face à une menace, mais aussi un lieu sombre qui peut renfermer de bien sombres secrets…

On se demande où le jeu veut nous emmener, et on se dit qu’il pourrait bien y avoir un cadavre dans le placard, « a skeleton in the closet » : pour ceux qui ne connaissent pas l’expression de la langue de Britney Spears, elle désigne un lourd secret que l’on ne veut surtout pas dévoiler mais qui n’est finalement pas si bien planqué. Alors forcément, nous, même si on peut vite faire nos pronostics, on ne demande qu’à savoir ce qu’il se passe dans cette famille ! Même si ça doit nous coûter quelques sueurs froides.

Maman où t'es ?
Maman où t’es ?

Dur dur d’être un bébé (pardon, mon côté normand me pousse à citer Jordy)… Car même les bébés ne sont pas à l’abri des monstres et de sentiments comme l’angoisse, la terreur. Ils peuvent même faire preuve d’une grande imagination ! On va vite s’en rendre compte en plongeant en plein cœur de ce qui ressemble à un cauchemar que l’on n’aimerait pas faire, et encore moins à l’âge de deux ans. Toboggans interminables, commodes en pleine forêt, disproportions… Complètement décousus, les décors et énigmes ont été parfaitement pensés pour rappeler les « codes » du cauchemar. Certes, graphiquement le jeu est daté et n’a rien d’époustouflant mais les décors sont au top !

Among the sleep

On le sait, les cauchemars permettent de mettre en scène notre mal-être. Et on dirait que notre petit bambin aurait bien besoin de quelques séances chez un pédopsychiatre. Comme le souligne son petit compagnon Ted pendant leur périple horrifique « aucun enfant ne devrait avoir à subir tout ça ».

Certes, les énigmes ne vont pas bien loin, mais comme dans tout bon survival-horror vous aurez votre petit lot de frayeurs avec, évidemment, des ennemis à fuir. Dans Among the Sleep, l’ennemi principal est une sorte de croque-mitaine bien flippant que l’on a pas du tout envie de déranger. Vous sentirez sa présence à l’aide de l’écran qui se brouillera et d’une musique déjà bien stressante qui s’accélérera à son approche. Bon, si jamais vous avez le malheur de vous faire repérer, sachez que les nombreux checkpoints vous éviteront de devoir reprendre de très loin. Rien de bien insurmontable donc.

Boogeyman dans Among The Sleep
Le méchant croque-mitaine que t’as pas envie de déranger !!

Si le jeu ne vous fera probablement pas hurler (c’est pas Outlast hein), l’ambiance fonctionne bien et la musique ainsi que les petits bruitages perturbants contribuent à créer une ambiance très angoissante. Voire légèrement glauque par moment tant le contraste avec les petits jouets et peluches qui traînent est dérangeant.

Au-delà du survival-horror on a surtout affaire à un conte horrifique hautement métaphorique (hic). Et là-dessus je ne vous en dirais pas plus pour avoir le plaisir, ou plutôt le déplaisir, de découvrir la morale de l’histoire. Loin d’être enfantine, celle-ci aborde de vrais sujets d’adultes beaucoup trop lourds pour les petites épaules d’une petite de deux ans. Et elle le fait bien. Alors oui, en « seulement » 3 bonnes heures de jeu – est-ce qu’un film un peu plus court est forcément moins bon ? Demanderais-tu à payer moins cher ton entrée au cinéma ? Screugneugneu – mais pour moi c’est largement suffisant, c’est efficace, et pas si cher (9€ sur le PSN), et ça change bordel !

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2 Comments

  • C’est vrai que ce jeu a l’air terriblement angoissant. Ceci dit, ce n’est probablement pas pire que Resident Evil 7. En tout cas, je n’en avais jamais entendu parler. Je ne suis pas certaine que je l’essayerai.

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