Série Mr. Robot : Elliot, le Dexter du hacking !

Hier j’avais très envie de « sortir de ma grotte » en testant une toute nouvelle série (j’ai une forte tendance à découvrir certaines séries 3 ans après tout le monde). J’ai finalement opté pour la série Mr. Robot de USA Network. Sa diffusion est prévue ce soir, le 24 juin mais on peut déjà trouver le pilote d’une heure depuis fin mai sur Internet.

L’intriguant acteur Rami Malek (La nuit au musée, Old Boy, State of Grace…) y joue le rôle d’un jeune programmeur asocial spécialisé dans la cyber-sécurité le jour… qui devient hacker justicier la nuit. Sur sa route, il croise Mr. Robot (joué par le très bon Christian Slater), le chef d’une mystérieuse bande de hackers. Un scénario à la Dexter, qui n’a pas eu de mal à solliciter toute ma curiosité ! Les thématiques (le hacking, un programmeur anti-social et anti-capitaliste qui emmerde la société…) peuvent néanmoins être très casse-gueules (gare aux clichés !). Alors… Verdict ?

« Hello, Friend »

Mr Robot Hello Friend - Geekmick

C’est le titre de ce pilote et la toute première phrase qu’Elliot adresse nous à nous, son alter-ego schizophrène.
Tout au long de la série vous allez donc être plongé dans son esprit et connaitre le fond de ses pensées alors même qu’il prétend à haute voix que tout va bien. Car en réalité, Elliot se sent à des kilomètres de la société capitaliste dans laquelle il vit. Il déteste les interactions sociales et surtout la plupart des clients dont il assure la cyber-sécurité de jour. Son truc à lui, c’est de hacker les personnes qui nuisent à la société pour pouvoir les dénoncer. Dès l’introduction, que j’ai trouvé très percutante et efficace, notre hacker déclare à l’une de ses « victimes » « C’est là où vous avez tout faux, je n’en ai rien à foutre de l’argent ! ». Une sorte de hacker justicier de la nuit…

A qui pourrait échapper la ressemblance avec Dexter Morgan ? On retrouve en effet de nombreux points communs avec le serial killer de la série Showtime (qui se classe parmi mes préférées, malgré les dernières saisons un peu décevantes…) :

  • Le comportement asocial
  • Le besoin de justice (auquel il répond par ses propres moyens)
  • La passion qu’il voue la nuit pour ses « ennemies » du jour (les hackers de ses clients)
  • Le conflit que cela risque rapidement de provoquer entre ses « deux mondes »

Par contre, si Dexter Morgan n’était, à l’origine en tout cas, doté d’aucun sentiment, notre justicier un brin paranoïaque éprouve bien la peur, le stress, et la tristesse de la solitude qu’il tente de « noyer » dans la drogue.

Confusion et paranoïa

Mr Robot Hello Friend - Métro - Geekmick

De plans rapprochés en plans rapprochés, créant une ambiance à faire pâlir un claustro, on rentre dans la vie d’Elliot, témoins de ses petites crises de paranoïa qui finissent par nous gagner. Surtout quand on a l’impression que les « hommes en noir » ont les yeux rivés sur nous dans le métro. Et s’ils savaient ?

Totalement immergé dans le personnage, on peine à discerner le vrai du faux et la réalité des hallucinations, tout comme Elliot. A-t-il vraiment rencontré Mr. Robot ou est-il simplement le fruit de son imagination ?

Elliot Rencontre Mr. Robot - Geekmick

On n’a finalement pas plus d’indices que lui, et c’est justement cette forme de narration qui fait selon moi toute la richesse de cette série au croisement entre Dexter et Fight Club.

« Our democracy has been hacked »

Mr. Robot et The Social Network - Geekmick

Mr. Robot, c’est avant tout une critique de notre société, de l’impact des nouvelles technologies et notamment des réseaux sociaux dans notre quotidien (thématique principale de la série Black Mirror), mais aussi des grandes entreprises comme Apple. E.Corp, un des plus gros clients de la société d’Elliot qu’il surnomme Evil Corp, ressemble d’ailleurs de très prés à la multinationale. Lors de sa séance chez une psy, notre hacker exprime d’ailleurs tout le mépris qu’il a pour Steve Jobs, Mark Zuckerberg, Mel Gibson, ou des films comme Hunger Games…

On est cependant bien loin de l’anti-conformiste méprisant qui emmerde la société pour emmerder la société ou du cliché du geek asocial qui ne parle jamais en public (notre héros sait au contraire très bien s’affirmer). C’est un personnage complexe et plein de contradiction (par exemple, il n’a pas de compte facebook mais utilise le réseau social, ou plutôt le détourne, pour stalker son entourage) dont on comprend pourtant les motivations. Et qui (vu trop de fois dans des séries à la con) ne résout pas une faille de sécurité en tapant une pauvre ligne de code « aoaiheoiroab » en finissant par crier « j’ai trouvé la faille », applaudis par tout ses collègues (vous voyez le tableau). Ici, le jargon est respecté !

Dans la série Mr. Robot, tout est dans la demi-mesure : la bande-originale et la voix-off ne sont ni trop présentes ni trop absentes et la dénonciation ne tombe jamais dans la facilité de la provocation ou dans le conspirationnisme.  Et notre héros a beau être anti-social il n’en est pas moins attachant.

En bref, la chaîne USA Network parvient (pour le moment) à éviter la place des clichés alors même qu’elle s’engageait sur un terrain glissant. Le choix de l’acteur (ou plutôt des acteurs, si on compte les petites apparitions efficaces de Christian Slater) Rami Malek, qui rend le personnage principal très envoûtant, y est sans doute pour beaucoup !

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