Paradigm : lettre d’humour aux point and click de notre jeunesse !

Test PC du Point and Click Paradigm

Il y a des groupes facebook que je ne regrette vraiment pas de suivre… Parmi eux, « Point & Click Adventure Games » est un de mes favoris !** Une vraie mine d’or sans laquelle je n’aurais sans doute jamais acheté Paradigm ! Généralement, j’évite un peu les point and click avec de nombreux dialogues s’ils ne sont pas dispo en français. Ce qui est le cas de Paradigm. Les quelques commentaires enjoués des membres du groupe m’ont cependant donné envie de tenter l’expérience malgré tout et je ne regrette pas. Ça aurait été bien dommage de passer à côté de 8h de grosses barres de rire !

A l’origine du projet Paradigm, financé via Kickstarter (merci les backers), un certain Jacob Janerka. Un pur génie (fin selon ma propre définition de « génie » quoi) que j’aimerais carrément pouvoir compter parmi mes amis. C’est simple, tout au long de Paradigm je me suis dit « bordel, ce type a le même esprit tordu que moi, top wozza il sait en plus concevoir des jeux vidéo ». Après mon dernier test PC plus que mitigé, ça fait plaisir d’enfin pouvoir écrire un vrai test élogieux, dans lequel j’aurai du mal à retranscrire ce que j’ai vécu tellement c’était WTF.

** Comme c’est un groupe anglais et que nous n’avons à ce jour pas d’équivalent français, j’ai lancé le mien qu’il faut que je commence à alimenter s’il y a des intéressés pour se joindre à moi. Par ici pour le rejoindre.

Paradigm : Bienvenue dans la tête de Jacob Janerka

L'aubergine dans Paradigm

L’histoire prend place en 2026 en Europe de l’Est, plus précisément à Krusz (à prononcer avec l’adorable accent russe du perso principal), dans un monde post-apocalyptique où il ne reste que très peu d’habitants.

Vous répondez au doux nom de « Paradigm » et êtes ce qu’on appelle un Prodigy Child. Sorte d’enfant « modèle » créé par les scientifiques de Dupa Genetics pour des parents riches (et cons). Le jeu commence d’ailleurs par une publicité qui annonce bien la couleur :

Derrière ce « super » concept se cache quelques ratés. Paradigm, mutant déformé avec ses 2 couilles tumeurs sur la tête, en fait partie. C’est pourquoi il a été congédié à la presque déserte ville de Krusz où il vit une vie paisible de DJ en quête de célébrité. Ce qui nous vaut de ce fait une bande-son éléctro spatiale de qualité (c’est pas un mag culturel han mais moi aussi je peux me la péter), très immersive et qui colle toujours bien aux différentes ambiances du jeu.

Les vinyles de Paradigm

Alors que vous pensiez finir tranquillement votre EP, John 3000, votre pc parlant et queutard, vous annonce que votre machine a été hackée et a besoin d’une disquette de reboot. Et aussi, accessoirement, que votre petite centrale électrique pourrait bien exploser sous peu si vous ne faites rien.

Pendant ce temps, le fils « prodige » de votre créateur, un paresseux distributeur (ou plutôt « régurgiteur ») de bonbon envoie un de ses sous-fifres à votre recherche. Jaloux de vous depuis toujours, puisque vous étiez visiblement le grand préféré de votre créateur, il prépare un plan machiavélique.

Paresseux distributeur de bonbons - Paradigm

Paradigm qui ne rêve que de poser quelques « Phat beatsies » va donc devoir mettre de côté ses ambitions pour une épopée bien plus farfelue. Si je vous dis que vous allez partir à la recherche d’une disquette chez un gamer toxico à qui vous allez devoir apporter de la drogue récupérée chez un dealer nain à qui vous aurez pris soin d’apporter une tête de flic arrachée sur la gonz mannequin d’un homme se prenant pour un cône de signalisation. Simple, basique. Pardon. Vous voyez un peu le tableau ? Du délicieux n’importe quoi comme j’aime ! COWABUNGOO (oui je sais mais c’est comme ça qui dit dans l’jeu) !

Mais l’aventure ne va bien évidemment pas s’arrêter là pour notre mutant attachant puisque vous allez devoir faire face au grand méchant Dupa Genetics.

Gameuse des années 80, mais gameuse jusqu’au bout des seins ♫

Paradigm : Clin d'oeil à Day of The Tentacle
Saurez-vous trouver le clin d’oeil à Day of The Tentacle ?

Bon ok, je suis née en 89, du coup je peux pas vraiment dire que je suis des 80’s. Mais un peu quand même. Peu importe finalement, que vous soyez né à la fin des années 70 ou à la fin des années 80, bon nombre de clins d’oeil toucheront forcément votre corde sensible.

De la douce sonnerie du modem qui cherche à se connecter, aux sympathiques bugs de fenêtres système intempestives de windows, en passant par les glandages sur Paint, Paradigm réveillera forcément l’enfant couillon qui dort en vous à un moment.

Sans compter sur les mini-jeux obligatoires ou facultatifs qui ne seront pas sans vous rappeler des classiques de l’époque. Pour avancer dans la progression, vous devrez notamment gagner une partie de Boost Thugs. Un jeu à un mi-chemin entre Streets of Rage et Monkey Island dans lequel vous vous déplacez en scroll horizontal et vainquez un héros en le flattant pour lui donner un autre but que celui de vous réduire en miette. Perso, ça m’a un peu rappelé les combats d’insultes à la Monkey Island. Dans tous les cas j’ai trouvé ça très drôle et surprenant, je me préparais à donner de gros coups de poing (d’ailleurs on le voit dans le walkthrough niéé) et l’effet de surprise était là.

Je vous recommande chaudement de tester les mini-jeux facultatifs et notamment Post-Apoc Dating Sim ! Dans ce mini-jeu poilant vous aurez la chance de tenter de séduire un homme-canard, un homme avec des mains noodles, ou encore un toaster. A vous d’adapter vos réponses aux caractéristiques et aspirations du personnages. Si vous voulez avoir une idée, je vous emmène pile au bon moment sur mon walkthrough.

Jacob Janerka ne s’arrête pas seulement là côté clins d’oeil puisque en levant bien les yeux vous pourrez notamment trouver des références aux meilleurs LucasArts mais aussi à nos consoles rétro préférées de l’époque. Mention spéciale pour la Nintendo Géante et sa machine qui souffle dans la disquette à votre place.

Avouez que vous auriez kiffé l’avoir à l’époque ?

Pas de doute, nous avons affaire à un grand fan qui a eu envie de se faire plaisir et de faire plaisir aux grands nostalgeeks. Et ça marche !

« That’s what SHE said !!! »

L'homme Cône dans Paradigm
Je vous présente… L’homme Cône !!

Après avoir charmé l’enfant pas prodige qui sommeille en moi, Jacob Janerka me rappelle que je ne suis finalement pas si vieille à coup d’irrésistibles memes et références popculture actuelles. Je ne vous cache pas que j’étais conquise pour de bon en entendant un des perso secondaires s’écrier mon meme fétiche : « That’s what she said ». Si tu ne comprends pas ce meme c’est que tu es trop vieux pour trainer ici, ou ennuyeux. JRIGOLE (un peu). Et encore, je vous raconte pas mon état quand Paradigm n’arrive plus à parler autrement qu’en « bro ».

Côté  diversité des décors et des rencontres, Paradigm n’a absolument rien à envier à ses ancêtres. Il est cependant bien plus accessible en termes d’énigmes et d’interaction. Les possibilités sont assez limitées puisque vous vous contenterez de parler avec un objet/personnage, le regarder, le prendre ou l’utiliser. Je me suis d’ailleurs demandée ce que ça donnait si on prenait le niveau « noob » puisque j’ai pris le niveau le plus difficile. Je vous le conseille, quitte à activer l’aide en cas de besoin. Quand on bloque, on est presque content d’aller demander un indice en titillant ses boules ses tumeurs qui adorent ça et nous répondent à coup de « slurp ». Il y aura cependant peu de fois où vous aurez besoin de leur demander un  couille coup de main si vous prenez vraiment quelques minutes pour vous creuser la tête.

Le Carlin Rockstar dans Paradigm

On pourrait trouver ça dommage mais on n’a vraiment pas le temps d’y penser tant nos zygomatiques sont comblés. Il faut dire qu’ils n’avaient pas été autant sollicités depuis des années sur un jeu de ce genre. Sur plus de 8h de jeu, vous aurez l’occasion de rencontrer des personnages tous plus farfelus les uns que les autres : une aubergine qui fait du Beat Box, un drogué à la Space Dust, un dealer nain accros aux jeux vidéo rétro dont le portail s’ouvre en vous traitant de « bitch », un chien carlin rockstar, un paresseux qui vomit des bonbons, une fontaine d’eau froide solitaire qui aime qu’on lui touche les « nipples »…

Bref, je crois que Jacob Janerka se fournit chez le même dealer que moi. C’est des barres de rire du début à la fin. Et ce, même sans être un dieu de la langue de Britney Spears. Une véritable cure de rire qui devrait être remboursée par la sécu.

Paradigm : gros coup de coeur 2018

Humour dans Paradigm
Comment résister à un tel humour ? Je vous le demande ?!!

Bon ok, le jeu est sorti en 2017. Mieux vaut tard que jamais.

Hilarant, bizarre, touchant, prenant, mémorable… Les adjectifs ne suffisent pas à qualifier cette petite pépite indé. Pour résumer, Paradigm représente tout ce que j’attends aujourd’hui d’un point and click digne de ce nom. Jacob Janerka s’inspire des point and click préférés de sa jeunesse pour nous proposer un jeu unique sorti tout droit de son esprit tordu ! C’est généreux et ça ne fait pas dans le politiquement correct. Et, bordel, à une époque où beaucoup de jeux d’aventure se ressemblent, c’est ça qu’on veut ! Son prochain projet, quel qu’il soit a déjà une cliente !

GROS coup de coeur 2018, qui aurait dû être un coup de coeur 2017 ! A acquérir de toute urgence !

14€99 sur Steam, à ce prix on crie vraiment pas au vol !

Les plus

  • Bordel qu’est-ce que c’est drôle
  • Les références qui parleront à tous ceux nés dans les années 70/80/début 90
  • Les graphismes franchement pas dégueux
  • La bande-son top wozza
  • La diversité des décors
  • Des rencontres complètement folles
  • Une histoire ultra farfelue
  • Ses mini-jeux
Les Moins
  • S’il en faut vraiment un : un poil trop simple
  • Retrouvez mon walkthrough complet (non commenté) par ici (mais ce serait franchement dommage de se contenter de regarder) :

    Note

    9.5/10
    Written By
    More from Violaine

    Test PS4 – Detroit : Become Human, l’oeuvre ultime de Quantic Dream !

    Si vous me connaissez un peu, vous savez que je suis une...
    Read More

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *