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Un univers élastique et psychologique dans Undone

Ciné - Séries Publié par June le


Hello les geekous, j’espère que tout le monde est safe chez soi et prends son mal en patience. Violaine m’a parlé de la série Undone quand je lui ai dit que j’avais pris un abonnement Amazon Prime. Parce que c’est une bonne copine, Violaine ne m’a absolument pas expliqué le synopsis ou révélé ce qui fait que Undone est si unique. Mais on a des goûts similaires alors je lui ai fait confiance et j’ai noté ça sur mon Google Keep. Un soir non-inspiré j’ai lancé le premier épisode.

Attendez-vous à vous prendre une claque visuelle et tacle au cœur avec Undone. En tout cas, moi ça m’a bien chamboulée.

Roto-fantastique !

Undone est unique dans sa réalisation puisque la série est réalisée selon le principe de la rotoscopie. Ne t’en fais pas petit geekou si tu ne sais pas ce que c’est. Je connaissais le principe sans connaître le nom avant Undone. La rotoscopie c’est un processus de réalisation qui consiste à isoler image par image les contours d’une séquence filmée dans le monde réel pour en faire un film d’animation.

Tu vois le principe du calque ? C’est ça mais pas vraiment, enfin en plus compliqué (toujours plus compliqué que les dessins que tu décalquais en primaire hein). Ça permet d’avoir des formes et des mouvements extrêmement bien reproduits dans le domaine de l’animation. Et oui, Undone ça ressemble à un film d’animation, un jeu vidéo, un très joli coloriage et ça donne un putain de cachet à cette série

Le mouton noir de la famille

Et pour ne rien gâcher, c’est sublime et l’histoire est exceptionnelle. Undone c’est l’histoire d’Alma, une jeune fille de 28 ans blasée par la vie. Chaque journée se répète et se ressemble inlassablement. Se lever, se brosser les dents, prendre la voiture jusqu’à son job de maîtresse, rentrer et se coucher. Et dès le lendemain ça recommence. Alma a un caractère bien affirmé, elle est cynique et impulsive au possible. Son entourage proche composé de sa mère et de sa sœur semble bien plus « classique » à tel point qu’elle semble en décalage complet avec eux.

La présence étouffante de sa famille et de son petit ami Sam n’arrange en rien le manque qu’elle ressent. Le père d’Alma est décédé lorsqu’elle était plus jeune et cela a laissé des traces. Elle va être victime d’un violent accident de voiture qui va la plonger dans le coma. À son réveil, Alma voit son père et peut discuter avec lui comme s'il était toujours vivant. Comme piégée entre deux mondes, elle vit des expériences métaphysiques complètement psychédéliques. Son père, qui était chercheur de son vivant, lui explique qu’il peut l’entraîner pour moduler l’espace-temps comme elle le souhaite. Tout ça dans le but de revenir au jour de son décès pour comprendre sa mort et peut-être trouver qui l’a tué. 

Mélanger la SF à la psychologie

Oh boy, c’était un long synopsis. Mais je voulais vous faire découvrir la série en posant tous les pions qui font de Undone une série si exceptionelle. Tous les thèmes que j’aime voir évoqués en films/séries sont présents : troubles mentaux, science fiction, suicide, PTSD, voyage spacio-temporels, dépression etc … Et tout cela est calibré et apparaît petit à petit au long de ces huit épisodes. 

Je me suis beaucoup attachée, pour ne pas dire associée au personnage d’Alma (et je ne suis pas la seule à la rédac Geekmick). Elle a un humour noir voire carrément déplacé par moment. Elle est saoulée par les conventions sociales et les injustices. Elle n’est pas polie et assume ses idées même si ça ne plaît pas à ses proches. Petit à petit, on apprend qu’elle a très mal vécu le décès de son père et que sa construction en tant que femme a été compliquée. De plus, elle avait perdu l’audition dans son enfance et a vécu pendant des années en étant sourde. Vivre ça dans sa petite enfance laisse forcément des traces. J’ai beaucoup aimé l’insertion de l’histoire de la grand-mère d’Alma qui a perdu la tête et fut diagnostiquée d’une maladie mentale sévère. C’est un thème très présent dans Undone et j’aime beaucoup la façon dont les scénaristes figurent ces personnes. Pendant longtemps au cinéma et dans les séries, les schizophrènes, bipolaires et autres étaient présentés comme des freaks, des monstres moches et répugnants. Cela change et on nous présente des personnages plus proches de la réalité, parfois même avec des gens « normaux » qui vivent avec un trouble sans pour autant être diagnostiqué ou traité.

« Try, not try. Be with the sky »

Le côté pince-sans-rire d’Alma donne lieu à des dialogues vraiment drôles mais aussi très gênants. Les dialogues c’est aussi la grande force d’Undone, ils sont bruts, vifs et mettent à mal les relations de la famille d’Alma. Alma est en opposition constante avec sa mère qui veut toujours arrondir les angles et faire en sorte qu’Alma soit présentable et respectable en société. Vous imaginez bien que deux caractères comme ceux-là font des étincelles. Becca la petite soeur de notre personnage principal lui annonce son futur mariage dès le premier épisode. Un mariage très classique (j’entends classique par riche, très conventionnel et catholique) se profile alors à l’horizon et ce que va vivre Alma après son accident va chambouler l’organisation de cet événement. 

L’histoire d’Undone tourne autour des retrouvailles entre Alma et son père dans cet espace métaphysique unique. L’entraînement qu’il va lui impliquer la fera comprendre et « maîtriser » son pouvoir petit à petit. Ces différents changements d’espace-temps sont très bien représentés à l’aide de boucles, de bond en arrière etc … l’épisode 2 qui montre Alma essayant de sortir de la boucle pour comprendre ce qui lui est arrivé ressemble à un jeu vidéo !

Un cynisme déjà vu ailleurs

Et comme si cela ne suffisait pas, les personnes aux commandes de ce show sont les petits génies derrière Tuca et Bertie et Bojack Horseman. Pour les ignares, Bojack c’est ni plus ni moins (selon moi) la meilleure série d’animation douce-amère ever. Tuca et Bertie c’est complètement délirant et barré (ben ouais des oiseaux obsédés du cul c’est pas tous les jours qu’on voit ça !). Et je crois reconnaître l’écriture du personnage d’Alma avec celui de Bojack Horseman … ah le cynisme décadent et l’humour noir, ma madeleine de Proust. 

Côté acteurs … parce que oui il y a des acteurs même si c’est de l’animation ! Roh t’as suivi mon point sur la rotoscopie ou pas ?! On a un beau casting composé notamment de Rosa Salazar (la jolie nana derrière Alita : Battle Angel) et Bob Odenkirk (Saul Goodman himself !). On y croit vraiment et chaque personnage est absolument fascinant (mention spéciale pour le personnage de Becca <3).


Undone est à découvrir sur Amazon Prime Video, c’est composé de 8 épisodes de 20 minutes. Huit épisodes ça passe vite mais je vous conseille de les déguster avec parcimonie pour vivre l’expérience Undone sereinement. A la fin de certains épisodes, j’ai pris du temps pour reprendre mon souffle et revenir dans ma réalité. Pas celle complètement mindfuck où Alma sort de son corps. Ma réalité à moi c’est chips, pâtisseries et câlins à mon chat depuis 2 mois #confinement.

Note globale

10/10

Chez Geekmick, on a tous été convaincus par cette première saison. Bon le Geek n’a pas aimé la fin mais nous (Violaine et June) on a adoré ! <3 On a hâte de voir la saison deux prévue pour cette année et vérifier ce qu’on pense comprendre de cette fin si mystérieuse (mini-spoil, hihi!). 

Les plus :

  • Le personnage d'Alma très attachant
  • Une histoire de famille captivante
  • Une réalisation parfaite et originale

Les moins :

  • Huit épisodes de 20 minutes, c'est court

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June

À propos de l'auteur de l'article : June

Bébé licorne-chat chez Geekmick. Passionnée de cinéma et de science fiction depuis son plus jeune âge grâce à papa fan de jeux vidéos. Biberonnée à Tomb Raider et Syberia. Aime : les mindfucks dans les films, cette impression de ne plus savoir vivre quand tu as fini une série et les chats (partout tout le temps). Particularité : sait placer habilement en chaque fin de soirée une compilation de deux heures de lolcats sur YouTube. Expression fétiche : le « tu vois » des connasses en fin de phrase. Secret honteux : a vu Moulin Rouge près de 176 fois. Sachez que Le chat est à June ce que la licorne est à Violaine.

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