The Haunting of Hill House : Et si vos cauchemars d’enfant vous suivaient à l’âge adulte?

Hello les geekous, June au rapport. J’avais (diablement) envie de vous parler de cette oh, si parfaite série pondue par Netflix qu’est The Hauting of Hill House. Vous en avez forcément entendu parler autour de vous ou bien sur les réseaux sociaux. C’est le genre de série qui a un rayonnement médiatique incroyable (on a aussi vu cela à la sortie de La Casa de Papel) et pas une journée ne passe sans que vous n’entendiez « Quoi t’as pas encore regardé la nouvelle série d’horreur de Netflix?! ».

Ni une ni deux, moi j’entends ça et forcément ça m’intrigue. Horreur est un mot magique pour moi, dès que je l’entends, je saute sur place. Pour ce qui est de Netflix, c’est quitte ou double, ils sont capables de chefs d’œuvres, comme de navets affligeants. Comme à mon habitude et parce que Violaine m’en avait parlé, je me suis jetée sur la série et ai dévoré les 10 épisodes en moins d’une semaine (avec les 4 derniers avalés en une soirée).

The Hauting of Hill House c’est, certes, une série intelligente sur l’horreur et les phénomènes paranormaux mais ce n’est pas tout. C’est clairement ce qui fait sa force selon moi. Prenez un café, un thé ou un chocolat chaud, asseyez-vous bien au fond de votre fauteuil, ça va être long et effrayant (non).

Vous avez dit manoir hanté?

Début des années 90, la famille Crain s’installe à Hill House en plein été. Le plan des parents est de rénover ce manoir poussiéreux et d’en faire une maison parfaite qu’ils pourraient revendre des millions. Alors qu’Olivia et Hugh les parents se tuent à la tâche, les cinq enfants Steven, Shirley, Theodora, Luc et Nell prennent doucement leurs marques dans cette maison étrange qui semble renfermer d’affreuses histoires.

Les phénomènes paranormaux vont mettre la famille sens dessus-dessous et la mènera à la fin de l’été au décès d’Olivia, obligeant le reste de la famille à fuir ce qu’il semble être une véritable maison hantée. Vingt six ans plus tard, la famille est réunie à l’occasion d’un nouveau drame qui va faire resurgir toute l’abomination que renferme Hill House au sein de leur cœurs.

Voici sur le papier ce que nous promet cette intrigue. Mais en réalité, c’est bien plus que ça

Les adieux

Esprit de Hill House, es-tu là?

The Hauting of Hill House est, bien entendu, une série d’horreur. Tous les codes du genre sont réunis. Un manoir hanté : check, une famille au passé sombre : check, des créatures inquiétantes : check. Vous ne manquerez pas de sursauter tout au long de votre visionnage car les jumpscares, quoi que peu nombreux, ont leur petit effet spooky.

Au menu, une mystérieuse femme au cou tordu qui hante les rêves de Nell la petite dernière, un homme extrêmement grand qui lévite au dessus du sol dans les cauchemars de Luc et autres créatures charmantes qu’on n’aimerait pas croiser en plein milieu de la nuit en pleine insomnie. Et comme si cela ne suffisait pas en plus des gens étranges, il va se passer des choses bizarres comme des portes qui se ferment seules, des murs qui tremblent et une tempête terrible qui ne semble toucher que le manoir.

L’horreur prendra bien évidemment aussi racine au plus profond de nos protagonistes. Olivia, la mère, sera d’ailleurs la première à en payer le prix après qu’une force étrangement malsaine prenne place et la fasse se transformer en ce qu’elle n’aurait jamais voulu être.

Ce qu’on est bien en famille…

Ce qui m’a définitivement fait aimer cette série c’est l’aspect psychologique maîtrisé au plus haut point. L’horreur à laquelle cette famille doit faire face réside aussi et surtout dans ce qu’ils doivent affronter : la mort, le deuil et les difficultés familiales.

Perdre un être cher est assez dur comme cela, ajoutez à cela la maladie mentale, les problèmes de drogues et la paranoïa et vous obtenez un cocktail détonnant rendant le deuil une épreuve insurmontable. Le deuil, justement, occupe une très grosse partie de la série et est très bien retranscrit. En poussant le vice jusqu’au bout, on peut vite se rendre compte que chacun des cinq enfants incarne une des étapes du deuil : le déni, la colère, la discussion, la dépression et enfin l’acceptation (je vous laisse décider qui incarne qui!).

La complexité des relations entre frères et sœurs est très éprouvante et les dialogues (parfois cinglants) sont d’une justesse inégalée (notamment dans l’épisode 6 – je reparlerai d’ailleurs de cet épisode après).

Deux époques, même ambiance

Synthétiser cette fiction n’est pas chose aisée, croyez-moi. La faute à la narration inédite de la série : l’action prenant place simultanément dans les années 90 et dans notre époque contemporaine. Mais le réalisateur a su en faire une force et mener subtilement les passages entre les deux époques sans qu’on ne soit perdus à aucun moment.

Cette force réside majoritairement, à mon avis, dans le choix des acteurs. Tout d’abord, il faut savoir que les acteurs enfants et adultes se ressemblent énormément, tant physiquement qu’au niveau de leur façon d’être (chose assez rare pour être soulignée). Le réalisateur s’est permis quelques « coquetteries » en plaçant dès le début de la série des éléments qui auront des répercussions ou même des explications vers la fin de l’intrigue. Cependant, à aucun moment on peut imaginer qu’il en sera le cas (on est bien loin de l’effet « fusil de Tcheckhov « qui, personnellement, m’énerve fortement quand trop évident).

Ce va-et-vient entre le passé et l’action présente passe naturellement et rend la narration très fluide. La série peut toutefois être divisée en deux : les 5 premiers épisodes étant chacun plus ou moins consacrés à la vision d’un des enfants, le reste des épisodes représentant une descente aux enfers sur deux époques temporelles. L’épisode 6 « Les deux tempêtes » est un épisode-charnière et d’une grande justesse sur tous les niveaux de lecture. Les échanges entre les frères et sœurs sont violents et bruts et le jeu des acteurs ajoutent tellement de dimensions à leurs émotions (sans parler de ses magnifiques plan séquences).

Un casting monstrueux

Et comme si je manquais encore d’arguments pour vanter les mérites de cette série… parlons des acteurs. La maman Olivia interprétée par Carla Gugino (qu’on a vu récemment dans Jessie – du même réalisateur) est tout simplement bluffante dans la deuxième partie de la série où sa sainteté d’esprit est mise à rude épreuve. Je retiens surtout Michiel Huisman dans le rôle du grand frère Steven (Daario Naharis n’a qu’à bien se tenir) ainsi que Kate Siegel dans le rôle de Theodora – qui est étonnamment mon personnage préféré. Kate est en fait la femme du réalisateur Mike Flanagan et a déjà tourné avec lui sur une grande partie de ses films.

Côté enfants, ce sont les petites Nell et Shirley qui m’ont bluffée. Je me demande toujours ce qu’un réalisateur peut ressentir quand une jeune actrice joue un rôle très perturbant comme celui de Nell. Côté personnage, Shirley la plus grande des filles est très intéressante tant sa dualité interne la pousse dans ses retranchements une fois adulte. Enfin le personnage du papa Hugh est fascinant dans toute sa complexité. On aurait tendance à vouloir le détester car on le croit coupable de bien des choses dans la première partie de la série mais notre avis peut changer tout au long de la série et même nous émouvoir à la toute fin.

Et parce qu’il faut bien finir un jour, mention très spéciale aux époux Dudley qui m’auront émue au plus haut point. Je dis ça, je dis rien.

Et ensuite …

Vous l’aurez compris, on est là sur un TRÈS TRÈS gros coup de cœur série. Le savant mélange d’horreur et de psychologie m’a définitivement conquise. La fin n’est pas forcément celle que j’imaginais mais je n’en suis pas déçue pour autant. La fin est fermée – pour la famille Crain en tout cas.

Ce qui me laisse penser qu’une saison 2 peut voir le jour plus tard. Après tout, pourquoi ne pas relater l’histoire de la famille Hill qui vivait ici avant? Ou bien alors raconter l’histoire du manoir comme décrit dans le roman sorti en 1959 qui a inspiré la série? Les possibilités sont multiples mais tout pourrait très bien s’arrêter ici.

S’il vous manque encore un ou deux arguments pour succomber, sachez que le master du genre Stephen King est fan de la série et que le réalisateur Mike Flanagan réalisera très prochainement la suite de Shining intitulé « Docteur Sleep » (qui est un de mes King préférés!).

Les + de la série :
– Photographie et dialogues +++
– Thématiques deuil/famille maîtrisées
– L’intrigue captivante
Les – de la série:
– La femme au cou tordu trop effrayante
– Les 10 épisodes passent trop vite

Ma note finale

9/10
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