Test PC – Catherine : l’arbre et la pirogue

Test PC Catherine

Pendant que certains s’arrachaient les cheveux sur Sekiro, débattaient sur sa difficulté et l’accessibilité de ce type de jeux vidéo, moi je me suis fixée des objectifs atteignables : finir Catherine en mode normal ! A chacun ses ambitions. Il y a des jeux adaptés à mon sang-froid, d’autres non. Depuis, je suis atteinte de cubite aïgue. Non, ce n’est pas l’obsession pour le cul et les bites. J’ai déjà la fâcheuse tendance à ponctuer mes phrases, et celles de mes (pauvres) proches / collègues, par des Dans Ton Cul, Comme Ma Bite et autres c’est ce qu’il m’a dit hier. Non, la cubite, c’est une obsession pour les cubes. Et j’ai bien peur que ces derniers me hantent pendant encore plusieurs nuits…

Si  vous n’avez pas déjà joué à Catherine, vous en avez au moins déjà entendu parler. Son concept en a intrigué plus d’un lors de sa sortie sur PS3 et Xbox en 2011. Moi, y compris. Mais je n’avais pas cédé à la tentation. Je suis globalement peu friante de jeux vidéo japonais. Sans doute un boycott plus ou moins conscient d’un pays qui n’hésite pas à sortir des jeux vidéo où on fricote avec des petites écolières. Boh je sais faut pas généraliser. Puis c’est une autre culture dira-t-on. Du coup, quand j’ai vu le packaging j’ai vite déchanté. Grave erreur. Heureusement, début janvier, le jeu a déboulé sur Steam. Je l’ai pris comme un signe et j’ai bien fait ! Ne vous fiez pas aux gros boobies de sa jaquette (j’aime ce mot, il me rappelle l’époque des ciné clubs). Catherine, c’est bien plus qu’un jeu pour p’tit puceau !

Petit jeu : combien de fois le mot cul s’est-il glissé dans ce test ? 

La crise de la trentaine

Vincent, personnage principal de Catherine

Vincent Brooks, héros principal du jeu, est le parfait cliché de l’adulescent proche de la trentaine. Et bizarrement ça me parle.

Salarié sans grandes ambitions, son quotidien se résume à boulot, poto et dodo dans son petit appart d’étudiant. Chaque journée démarre systématiquement par une jolie gaule gueule de bois telle qu’il en oublie de changer de caleçon (c’est vrai quoi, ya que moi que ça choque cet unique calbut à pois rose ?) Et son petit train-train semble très bien lui convenir.

Katherine & Vincent dans Catherine
Grosse ambiance

Mais Katherine, sa petite amie, a d’autres envies. Avec lui depuis plusieurs années, elle aimerait passer à la vitesse supérieure et lui passer la bague au doigt. Comme un certain nombre de trentenaires de notre génération, Vincent a une peur bleue de l’engagement et se satisfait très bien de leur vie de couple actuelle. Elle lui permet de garder son indépendance et de pouvoir aller picoler tous les soirs au Stray Sheep (le nom a son importance) avec les copains sans devoir rendre de compte à personne. A part par SMS, si toutefois le joueur décide de répondre aux textos inquisiteurs de madame, qu’on a – avouons-le – plusieurs fois envie de rembarrer. Katherine : « Ne me dis pas que tu es encore en train de boire ?!!! TU Nianianiania » Moi : est-ce qu’on a la possibilité de répondre « ET TA MERE PUTAIN ? » ? Ah non, dommage.

Personnage Catherine dans le jeu Catherine

Très vite, Vincent se retrouve donc partagé entre son désir d’indépendance et son attachement à Katherine. Stressé, chaque nuit il se retrouve dans le même cauchemar. Les choses se compliquent lorsqu’il fait la rencontre de la très sensuelle – voire lubrique – Catherine dans son bar préféré. Plutôt entreprenante et déterminée, la jeune femme ne lui demande rien d’autre que de l’affection et du cul. Elle réussit par on ne sait quel moyen à se réveiller presque quotidiennement aux côtés de Vincent. Ce, sans que ce dernier ne s’en souvienne. Ah, les lendemains de soirées trop alcoolisées. Ca rappellera peut-être des souvenirs à certain(e)s d’entre vous, tiens !

Et comme un malheur ne vient jamais seul, Katherine (la petite amie officielle donc, si vous suivez) déclare être probablement enceinte. Pire, elle ne semble même pas envisager l’option avortement. Une nouvelle épée de Damoclès pour notre jeune homme !

Les moutons dans Catherine sur PC
La nuit, les hommes se transforme en moutons.

Bref, des vrais problèmes d’adulte proche de la trentaine quoi ! Et il semblerait que notre cher Vincent ne soit pas seul à vivre ce « calvaire ». Au bar comme dans ses cauchemars, il fait la rencontre d’autres jeunes hommes – non reconnaissables car « déguisés » en mouton – tout aussi pommés que lui. Pas de femmes à l’horizon. Normal. Nous sommes certes d’énormes castratrices, mais nous avons l’avantage d’être fidèles à 300%. 👼🏽 A la télé, rien de plus rassurant : chaque jour de nouveaux jeunes hommes meurent dans leur sommeil. La rumeur dit qu’en mourant dans leurs cauchemars, ils meurent dans la vraie vie le visage terrorisé.

Des p’tits cu…bes, des p’tits cubes, encore des p’tits cubes

Les sextos de Catherine
Qu’allez-vous répondre à ce charmant sexto ? Le choix vous appartient !

Côté Gameplay, Catherine ne rentre pas dans une seule case. La journée, le jeu vidéo s’apparente à un visual novel où s’enchaînent les cinématiques. On se contente de dialoguer avec les gens du bar (ce qui peut s’avérer fort utile), boire, s’entraîner sur la borne d’arcade du bar (pour préparer les cauchemars) et répondre à ses textos. Le petit détail cool, c’est qu’on nous laisse choisir entre différentes propositions de texto selon notre humeur du moment. Attention cependant, ces réponses auront un impact positif ou négatif sur votre jauge de « karma ». Votre comportement n’aura cependant de véritable influence que pour la fin du jeu. Ou plutôt les fins du jeu. On en compterait 8.

Passé minuit, le jeu prend une toute autre dimension. Le visual novel aux sonorités pépouzes laisse place à un puzzle-plateforme aux musiques classiques spécialement revisitées pour stimuler, voire stresser, le joueur. Des fois que le gameplay ne suffise pas.

Phases de Puzzle Game dans Catherine
Oui, ceci est un cul à langue se réjouissant de mon cadre fraîchement léché.

Je vous vois déjà penser « Allez quoi, tu tires et tu pousses des blocs, ‘spèce de casu ». Alors non. Le concept peut paraître simple de prime abord : des blocs à déplacer pour pouvoir se frayer un chemin jusqu’au sommet d’une pyramide. Mais ne vous y méprenez pas : la difficulté augmente très rapidement et Catherine nous donne du fil à retordre dès ses premiers défis. Chaque nuit (comptez en 9 pour venir au bout de l’aventure) compte 3 à 6 épreuves de difficulté progressive. Chaque épreuve est l’occasion de se familiariser avec une nouvelle stratégie ou un nouveau type de bloc. Et les déclinaisons ne manquent pas : un bloc tranchant dès qu’on pause le pied dessus, un bloc trop lourd pour être déplacé, un bloc qui s’effondre au bout de deux passages, un bloc glacé et glissant, un bloc explosant tous les blocs à proximité…etc. Il faudra réussir à monter rapidement avant que la base ne s’effondre, tout en prenant en compte ces nouvelles caractéristiques.

Heureusement, entre chaque nouveau défi, le joueur peut sauvegarder sa partie et souffler un peu en allant parler avec d’autres moutons. Il y a même un rassemblement de moutons pour s’échanger les meilleures stratégies à adopter pendant les épreuves.

L'infidélité abordé dans le jeu Catherine
Un charmant mouton que je n’hésiterai pas à dégommer s’il se met sur mon chemin.

Bien évidemment, sinon c’est pas marrant, chaque série d’épreuves nocturnes s’achève par THE boss final. Particulièrement stressant, ces niveaux laissent peu de temps à la réflexion et mettront votre réactivité à rude épreuve. Chaque boss est en fait une métaphore d’une des (nombreuses) craintes de Vincent. Autant vous dire qu’ils sont donc très virulents. A vous les sprints devant un gros bébé vous menaçant avec un couteau, une Katherine ultra vénère, ou une énorme paire de fesse à langue et à dents qui vous glissera des « hmmmm » et « hannnn » libidineux et cherchera à vous lécher pendant toute votre ascension. Oui, vous avez bien lu. Pour notre santé mentale, il existe des checkpoint (pas toujours bien placés, mais ils ont le mérite d’exister…) et on collecte très (voire trop, en mode normal en tout cas) facilement des vies en ramassant les quelques oreillers sur notre chemin.

Un boss final : Katherine dans Catherine
Les boss vont vous donner énormément de fil à retordre. Les défis les précédents servent surtout de préparation.

En fait, Catherine offre pas mal de chances au joueur et le game over n’est pas vraiment punitif. Par contre, la musique stressante, les déplacements parfois approximatifs de Vincent et la répétitivité du gameplay peuvent vraiment rendre hystérique au bout d’un certain nombre d’échecs…. Vers la fin du jeu, je me suis aperçue qu’il manquait un petit bout de coque à ma manette. J’en suis venue à penser qu’il avait dû sauter pendant un de mes craquages. 😬 Et je ne vous parle pas des nuits à rêver que je tirais un bloc et que je descendais pour tirer d’autres blocs, pour remonter et pouvoir tirer plus de blocs et former un escalier. J’ai presque cru que je n’allais jamais retrouver un sommeil normal. Un peu comme Vincent quoi. Sauf que moi je me tape même pas en cachette un petit blondinet à moitié cul-nul tout le temps qui m’envoie des sextos à longueur de journée.

Bref, calme toi Violaine, c’est fini.

Rassurez-vous je redors à nouveau très bien depuis 2-3 nuits, mais quand je galère à dormir j’évite de compter les moutons.

La démon de nuit

Catherine : succube

Pour Vincent, le cauchemar ne s’arrête jamais vraiment. La mystérieuse Catherine (l’officieuse donc, la cul-nu) semble avoir développé le don de se faxer dans son lit sans qu’il ne s’en aperçoive. Ouais, c’est un peu la première fois que le coup du « C’est pas ce que tu crois, j’ai rien fait moi, elle m’a sauté dessus j’ai pas pu m’en défaire » c’est pas des conneries.

Du coup, très vite on y va de ses pronostics :

  • Soit Catherine est une sociopathe prête à tout pour s’immiscer dans la vie d’un homme,
  • Soit Vincent souffre d’amnésie / schizophrénie ou je ne sais quoi qui fait qu’il ne se souvient pas de certains actes nocturnes
  • Soit Catherine est une succube : un démon qui prend la forme d’une femme pour séduire un homme durant son sommeil

Evidemment, la dernière théorie est la plus excitante de toutes et explique un bon nombre de clins d’oeil que je vous laisserai le soin de (re)découvrir en (re)jouant à Catherine. On pourra ensuite recauser petites surprises nocturnes et autres sujets drapeux (mot que je viens d’inventer, à base de draps quoi) ensemble. Ou pas. Et si vous n’avez jamais fait de recherche sur la succube, foncez. Je vous conseille tout particulièrement la recherche « succube témoignage » qui risque de vous faire rire / froid dans le dos avant d’aller dormir.

Le confessionnal dans Catherine - jeu PC
Vous avez 4h. Tape dans tes mains si t’a répondu « commence » alors que tu pensais « s’achève ».

Bref, ça c’était la petite parenthèse culturelle. Revenons à nos moutons, puisqu’après tout Vincent n’est pas le seul à vivre ce cauchemar. Il partage cet enfer avec une belle brochette de « traîtres » envoyés ici pour une raison. Avec eux, vous allez pouvoir faire preuve de solidarité, ou tout l’inverse, avant et pendant les épreuves. D’ailleurs, il aurait été encore plus fun que ces autres moutons soient d’autres joueurs, qu’on peut aider ou mettre en difficulté lors des défis. Si Atlus, les développeurs, passent par là ?!

Dans le confessionnal par contre, vous serez livrés à vous-mêmes et vos propres convictions. Et pour tester votre karma, chaque mouton est invité à répondre à tout un tas de questions plus ou moins intimes. Et c’est là que ça devient drôle : avant de démarrer un nouveau défi, le joueur peut découvrir le % de joueur ayant répondu comme lui ou différemment. Breaking news : plus de 80% des joueurs sont des êtres parfaitement loyaux, fidèles, aspirant à une vie paisible, rangée, sans porno et sans alcool.  Et mon cul, c’est du poulet mouton ? Bande de p’tit filous, vous aussi vous avez menti pour avoir une jolie fin ? A l’époque des tests de pureté au collège/lycée, c’était pas vous qui mentiez sur le nombre de partenaires et de drogues testées pour faire croire aux copains que vous étiez le(a) plus badasse ? Ouais, on sent le vécu.

De mon côté, je dois aussi avouer que j’ai fait la gentille tout au long du jeu. D’une part, parce que je fais souvent la gentille dans les jeux vidéo – pour compenser que dans la vraie vie je suis une vraie connasse – et d’autre part, parce que j’avais la croyance (stupide) que les niveaux allaient se compliquer pour punir le méchant mouton qui sommeille en moi.

Les dilemmes moraux dans Catherine

« Tout homme est tiraillé entre deux besoins. Le besoin de la Pirogue, c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même, et le besoin de l’Arbre, c’est-à-dire de l’enracinement, de l’identité.Les hommes errent constamment entre ces deux besoins en cédant tantôt à l’un, tantôt à l’autre jusqu’au jour où ils comprennent que c’est avec l’Arbre qu’on fabrique la Pirogue. »

Après tout, Catherine c’est un peu comme la vie. C’est pas que des gentils ou des méchants moutons. C’est avant tout des vrais gens qui sont toujours partagés entre leur besoin rassurant de se poser, de rentrer dans le moule, et leur désir de liberté, d’individualité. Et tout comme dans le jeu, votre « choix » sera le bon puisqu’il sera le vôtre.* L’arbre et la pirogue, ma gueule.

A méditer. Allez bisous.

*En vrai c’est surtout que faut vraiment être supra motivé pour se refaire les défis de Catherine et se retaper ses cinématiques pour avoir une fin plus satisfaisante. 

 

 

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