Test PC – A Way Out : plaisir partagé

Test PC : A Way Out

Avant de vous parler du jeu en lui-même, si vous ne connaissez pas encore Josef Fares, créateur de A Way Out, je me dois de m’arrêter quelques minutes sur le personnage. Josef Fares, cofondateur du studio Hazelight à l’origine de Brothers : a tale of sons, n’a pas la langue (ni le doigt d’ailleurs si vous avez maté les Game Award 2017) dans sa poche. En faisant la promo du jeu A Way Out voici ce qu’il nous avait dit des jeux Telltale & Quantic Dream :

« (Ces jeux) sont trop passifs pour moi. J’aime avoir davantage le contrôle. Certains diront que vous contrôlez l’histoire (dans les jeux Telltale et Quantic Dream). Mais pendant que vous contrôlez l’histoire et que vous influez dessus, d’une certaine manière vous ne la contrôlez pas, vous voyez ? Ce n’est pas ça l’idée derrière A Way Out. Je ne vois aucun problème à ce que des comparaisons soient faites d’un point de vue cinématographique. Mais pas du point de vue de votre manière de choisir votre histoire. C’est une histoire sur mesure de A jusqu’à Z. »

Eh bah dit. De quoi émoustiller les admirateurs des studios Telltale Games et Quantic Dream. Je dois avouer que je fais surtout partie des fidèles de Quantic Dream et que je me suis d’abord dit « eh ben il est pas chié le p’tit gars, je l’attends au tournant » suivi d’un « BORDEL mais en COOP QUOI !! Ca sort quand ? ». En fait, c’était surtout la perspective de coopérer avec le geek sur un jeu d’action-aventure qui me grisait.

Dispo depuis le vendredi 23 mars sur PS4, Xbox et PC, le jeu coûte seulement 29€. On l’a pris sur PC mais sachez que sur PS4, pour l’achat d’un jeu une clé vous est offerte pour qu’un pote vous rejoigne sur la partie. Ce qui est plutôt cool quand on sait que A Way Out se joue forcément à deux, en ligne ou en local. Une occasion en or de mettre en pause nos jeux respectifs et partager ensemble quelques heures de gameplay. A ce prix là, on allait pas se priver.

Un ennemi en commun, crée des amitiés inattendues.

A Way Out : une amitié inattendue

Ouais ouais, je me suis rendue compte qu’en disant ce que je voulais dire je citais en fait Gossip Girl. La te-hon. Mais ça résume plutôt bien le pitch de départ de A Way Out.

Oubliez que vous jouez avec votre meuf/keum/meilleur(e) ami(e)/chien (ça doit pas être bien pratique). Dans A Way Out, nos deux détenus ne se connaissent absolument pas. Avant de rentrer dans la peau de votre perso (qui sera, déso, forcément de sexe masculin) vous devez vous mettre d’accord sur le choix du personnage. Sauf si, comme nous, vous appuyez direct sur OK car vous êtes trop pressés de commencer. Deux perso au choix, que (presque) tout oppose bien évidemment :

  • Vincent Moretti : rationnel, discipliné, réservé. Il est accusé de fraude, détournement de fonds et meurtre. Doit purger pour 14 ans de prison. -> Le cerveau
  • Léo Caruso : sûr de lui, sanguin, sarcastique. Il est accusé de vol à main armé, agression et vol aggravé. A purgé 6 mois sur sa peine de 8 ans. -> Les muscles

Le sort a décidé pour nous, sans nous réserver de grande surprise : je fais le cerveau et Le Geek fait les muscles… Meh. Avec du recul je me dis que l’inverse aurait pu être fun comme en général c’est toujours le Geek qui a l’approche du bourrin. Mais au moins nous n’avons eu aucun mal à nous mettre dans la peau de nos personnages respectifs.

Alors que Léo Caruso a déjà ses petites habitudes au gnouf, mon perso prend tout juste ses marques. Dans la cour, les caïds mettent cher à ce fameux Léo que je ne connais pas encore. Une envie inexplicable me pousse à voler à son secours. « Wesh qu’est-ce que vous faites à mon geek ». Et j’en redemande !

En plein QTE partagé, chacun sa manette : quelques coups de X et Y pour le geek et Δ et X pour moi plus tard, on les renvoie dans leur cellule. Notez que le jeu affiche nos commandes respectives selon la manette utilisée et c’est plutôt pas mal pour ne pas s’emmêler les pinceaux !

Comme on pouvait s’y attendre avec ce genre de jeu, rien de difficile côté gameplay… Ne vous attendez d’ailleurs pas à de grandes difficultés puisque les rares Game Over vous ramèneront juste là où vous aviez laissé vos perso. Cependant, il faut bien avouer que l’enchaînement des plans tantôt splittés tantôt communs est super fluide et apporte un vrai côté kiffant aux combats et à la coop. C’est ce qui nous a tout de suite séduit !

Bienvenue à Fox River

A Way Out : Fox River

Je dois vous faire une confidence. Je n’ai jamais maté Prison Break. A l’époque mon petit moi insupportable et méprisant (que je ne suis plus aujourd’hui 😇) trouvait que ça faisait série de beauf. La musique de générique a vraiment pas aidé. Je sais c’est mal les préjugés tout ça… Mais je me devais d’être tout à fait honnête avec vous (déso les copains qui passent par là) et ce n’est plus ce que je pense aujourd’hui. Heureusement certains amis peuvent confirmer pour moi que la première heure de jeu fait énormément penser à Prison Break.

Il y a juste à comparer la prison dans A Way Out avec celle de Prison Break. On se croirait vraiment à Fox River. Et je ne vous parle pas que des barreaux hein les captain obvious. Les fans de la série sauront aussi apprécier le fameux moment où vous devrez dévisser le chiotte de votre cellule pendant que votre copain de galère surveille et distrait les gardes. Autre moment fun au gnouf : quand vous devrez vous planquer sous un tas de draps dans la laverie. Draps qui vous serviront bien évidemment à descendre en rappel, classique !

Dos à Dos dans A Way Out

A part ça, le temps en prison doit en réalité représenter 1/3 du temps de jeu. Sachant que vous pouvez compter environ 5h de jeu

Moi qui nous voyais déjà goûter aux joies de la prison, prier pour ne pas faire tomber la savonnette dans les douches communes,  filer des pots de vin aux gardiens… Que nenni ! Cette partie du jeu est remplie d’ellipses donnant le sentiment que l’évasion s’est faite en 2 jours effectifs max. Elle donne quand même lieu à des situations très cocasses comme le moment où vous devrez faire preuve de synchronisation en montant un mur dos à dos. Nous ne nous sommes pas filmés pendant le jeu (too much beers) mais c’est bien dommage, car A Way Out est un jeu qui pousse sans cesse à communiquer avec votre partenaire pour pouvoir mettre en place des stratégies d’infiltration et de diversion.  Encore une fois rien de bien compliqué, mais juste assez pour se poiler. L’entraide est vraiment au coeur du jeu et ça ressert les liens entre les personnages (et, pourquoi pas, les joueurs).

Trêve de plaisanteries, on n’a pas le temps, notre espriiiit est ailleuuuuurs : on doit aller se venger du type qui nous a envoyé au gnouf. Un certain gangsta mexicain pas très charismatique mais cumulant tous les clichés de l’ennemie n°1, propre sur lui, blindé d’oseille et de sous-fifres sous ses ordres. En plus de l’avoir foutu à l’envers à Léo, ce dernier aurait tué le frère de Vincent et fait accuser notre « honnête banquier » du meurtre. C’est une raison assez légitime pour lui casser la gueule.

Naughty guys

Uncharted : A Way Out

C’est une fois sortis de prison que nous avons parfois eu l’impression de jouer les frères Drake dans Uncharted. Alors attention les gars, rangez vos grappins. Je fais en fait allusion à la seconde partie du jeu qui se compose de nombreux moments de balades et randonnées calmes suivies de courses poursuites avec les flics ou les sous-fifres d’Harvey, ou encore aux phases d’infiltration où vous aller pouvoir tenter une approche douce en vous cachant dans les hautes herbes. Entre nous, cette phase ne durera jamais bien longtemps puisque, tout comme nous, vous risquez vite d’avoir envie de tirer dans le tas. D’autant plus que niveau coriacité (ça se dit ça ?) vos ennemis sont bien en dessous du niveau des IA d’Uncharted. C’est dire !

Mais en vrai on s’enfout ! Encore une fois, A Way Out est loin d’égaler un Quantic Dream d’un point de vue scénaristique, et loin d’égaler un Uncharted d’un point de vue action. C’est un petit pot pas pourri de tout ça qui fait qu’on ne s’ennuie pas une seule seconde tellement on est content de partager cette aventure à deux. Les graphismes ne sont franchement pas révolutionnaires, par pitié changez-moi ces expressions faciales. Mais, ils sont assez beaux pour qu’on s’attarde dans certains lieux. Et la notion de compétition est plutôt fun : vous pourrez défier votre copain de galère sur un puissance 4, un bras de fer, une démo de piano ou encore une partie de fléchette. Qui sait, peut-être même que ces activités pourraient vous préparer psychologiquement et physiquement à ce qui vous attend à la fin du jeu.

Spoiler :
C’est dommage car selon moi, l’une des choses que A Way Out réussit le mieux, c’est à nous faire nous attacher aux deux héros et rapidement leur faire confiance. Il réussit tout aussi bien à susciter chez nous un énorme sentiment de trahison quand on apprend la vraie nature de Vincent. Moi qui jouais ce perso, je me suis un peu sentie souillée et j’aurais d’ailleurs apprécié que le jeu me laisse la possibilité de laisser Léo s’échapper. Simplement parce que j’en voulais énormément à mon perso pour cette énorme trahison. L’effet de surprise est très bien joué de ce côté là !

Car, si d’un point de vue scénaristique A Way Out n’a rien d’un grand film, il faut avouer qu’il vous réserve quand même de belles surprises qui confirment selon moi qu’il s’agit d’un jeu vidéo aussi « banal » qu’incomparable. D’où ce sentiment final partagé entre le « je m’attendais à mieux » et « on a pris une belle claque ».

En termes de rejouabilité, pas sûre hélas que le jeu ait un grand intérêt. Cela dit, il est tellement agréable à jouer que je le referai sans aucun problème avec le Geek ou un pote qui a envie de tester l’expérience. Le tout sans pour autant attendre de grandes surprises scénaristiques. A Way Out n’a rien de révolutionnaire si on continue de le comparer à ce qui se fait aujourd’hui en matière de jeux vidéo narratifs. En se concentrant sur la dimension de coopération jusqu’ici inexistante dans le genre, il devient un vrai petit bijou innovant qui, on l’espère, inspirera d’autres créateurs ! En tout cas, une chose est sûre, on s’en souviendra ! Rappelons par quoi Josef Fares concluait son argumentaire :

Ce n’est pas important pour moi. Je veux seulement que les gens ressentent le jeu. Si ils pleurent, rient, sourient, ou s’énervent, ça ne compte pas vraiment.

La promesse est respectée.

Dispo sur PC, Ps4 et Xbox à 29€. A ce prix là, si on est deux amateurs du genre on crie vraiment pas au vol !

Note globale

7.5/10
Les Plus

  • De bonnes barres de rire
  • La coop est bien foutue
  • L’intro envoie du lourd
  • On ne s’ennuie pas une seule seconde
  • Les perso sont attachants
  • La diversité des décors
Les Moins
  • C’est un peu pauvre scénaristiquement
  • Les expressions faciales ont bouffé une porte de prison
  • Pas aussi « sur mesure » qu’on nous l’a vendu
  • Psssiiiit, pour découvrir le walkthrough c’est par ici :

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    1 Comment

    • Mon copain a joué à ce soft, et lorsque j’ai lu ton article, j’ai eu l’impression que c’était lui qui l’avait écrit, lol. En tout cas, vous partagez le même avis.

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