Au Revoir Là-Haut : Cocktail coloré de belles émotions

Premier weekend de Décembre, je profite d’un passage à Amiens entre amies pour enfin me faire mon avis sur le nouveau film d’Albert Dupontel « Au revoir là-haut » dont on m’a tant vanté le génie depuis quelques semaines.

Je ne suis à la base pas très cinéma francophone sans trop savoir pourquoi. Peut-être que les 3 comédies françaises qui sortent par mois ont fini par me faire détester le reste de ce que nos réalisateurs francophones ont à offrir (hum hum). Mais comme il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis, je me suis lancée. Et puis j’ai récemment été bouleversée (et c’est le mot) par « Respire » de Mélanie Laurent et « Juste la fin du monde » de Xavier Dolan (d’ailleurs je vous encourage à les regarder MAINTENANT).

Du coup, le cinéma de Dupontel en tant que réalisateur, je ne le connaissais pas. Mais c’est un acteur que j’aime à retrouver parfois au cinéma car je le trouve très juste (j’avoue être assez amoureuse de sa voix). La bande-annonce m’avait donné terriblement envie car pleine de couleurs et de mystère. Ça fleurait bon le feel-good movie qui mettrait du baume à mon petit coeur sensible.

« Au revoir là-haut », c’est l’histoire d’Albert Maillard et d’Edouard Péricourt, anciens soldats qui tentent tant bien que mal de reprendre le cours de leur vie après la fin de la guerre . Une complicité entre les deux naît après qu’ils se soient sauvés la vie l’un et l’autre. En effet, leur atroce Lieutenant Pradelle, avide de violence, déclenche un dernier combat alors que les soldats des deux côtés attendaient avec impatience l’Armistice. Edouard Péricourt, véritable artiste sensible, se retrouve défiguré suite à un éclat d’obus sur le champ de bataille. Quant à Albert, il perd son poste de comptable ainsi que sa femme qui s’est trouvé d’autres occupations pendant son absence (si vous voyez ce que je veux dire #winkwink).

Albert va s’occuper du jeune Edouard et tenter de lui faire retrouver goût à la vie et renouer avec sa passion du dessin. Sauf qu’Edouard passe son temps à pleurer en contemplant sa courte jeune vie déjà gâchée par son infirmité. Avec la complicité d’une petite gamine orpheline du quartier, ils vont mettre en place un stratagème diabolique pour se faire un max de thunes et se casser au soleil : Vendre aux mairies des monuments aux morts qu’ils ne livreront jamais et « se casser avec la caisse »!

Deux trouillards sur le champ de bataille

La diversité des personnages

Encore une fois, ce qui m’a scotchée dans cette production ce sont ses personnages. Au même titre que la photographie du film, ils sont tous hauts en couleurs ! D’abord les deux personnages principaux : Edouard et Albert ! Edouard Péricourt, c’est mon coup de cœur. Un gros cœur guimauve de sensibilité et une créativité débordante. J’ai aimé sa palette d’émotions, tantôt rebelle et intelligent mais aussi dramatique (cette fin m’a brisée le cœur en mille morceaux). Albert est quant à lui une bonne pâte un peu naïf. Sa bêtise le rend hilarant. Certaines situations, qui au premier abord paraissent dramatiques, deviennent drôles sous l’action de Dupontel. Exemple frappant : lorsque le personnage d’Albert vole la morphine des infirmes de guerre pour soigner Edouard. C’est triste de voler à ces gens mais je vous assure que de voir Dupontel tabasser des unijambistes ça vaut le coup d’œil. Ne me jetez pas la pierre d’en avoir ri, les infirmes se vengent à un moment (spoiler alert!).

Péricourt, père et fille

On note aussi des personnalités féminines très fortes et qui imposent le respect. Je retiendrais entre autres, Madeleine Péricourt (la soeur d’Edouard donc) qui au premier abord est présentée comme une femme… disons comme étaient dépeintes les femmes des années 1920 : sensible et sage. Elle se révèle en fait être une femme forte prête à tout pour sauver l’honneur de sa famille et faire payer aux méchants le prix pour avoir été méchants (bim la meuf!).

Et enfin, on ne peut clôturer cette partie sans évoquer le Lieutenant Henri d’Aulnay-Pradelle. Laurent Lafitte y campe ici un horrible personnage à moustache qu’on adore détester. J’ai aimé ces nombreuses scènes où il agit comme le pire mec du monde, tout le monde le sait, lui fait comprendre mais il arrive toujours à trouver un moyen de s’en sortir (limite les propos qu’il avance sont convaincants). J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié la façon dont il est présenté au tout début du film : un drone filme un chien se baladant au dessus des tranchées, on le suit comme cela pendant un bon bout de temps, avançant petit à petit à hauteur du chien en passant entre les soldats attendant patiemment la fin de la journée. Le chien rentre dans un abri où l’obscurité règne et donne un message à une main qui se tend vers l’écran. Enfin par un subtil jeu de lumière on voit petit à petit le visage de Pradelle se dévoiler sur cette moustache grandiloquente (encore elle, pardi!).

La chorégraphie de Pradelle

L’histoire rocambolesque et ses couleurs éclatantes

Parce qu’un film ce n’est pas que ses acteurs, il faut bien que je vous parle de l’histoire en elle-même. Et quelle histoire ! Elle est faite de rebondissements et  d’un savant mélange d’humour et de drame. En soit, tout ce qui permet à un public de ressentir des émotions tant elles sont variées. J’ai été énervée quand Pradelle trouvait toujours un plan pour s’en sortir (enfin pas toujours muhahahaha). J’ai été morte de rire à de nombreux passages tant les actions entreprises par Albert peuvent être hilarantes (sa venue à dîner au domicile des Péricourt pour parler d’Edouard c ensé être mort au combat). J’ai été touchée par la bonté de certains personnages plus secondaires qui me font croire qu’il reste des bonnes personnes honnêtes et justes dans cette histoire de fous (casse-dédi au gendarme Marocain).

Et je pense qu’on ne peut pas parler de ce film sans évoquer sa photographie. C’est simple, c’est régal des mirettes en permanence. Des couleurs vives, acidulées en veux-tu en voilà tout du long. Encore une fois très souvent à l’initiative d’Edouard et de sa créativité débordante. Comme par exemple avec ses créations de masques pour recouvrir son infirmité ou bien sa performance artistique ovationnée par son public lors de sa soirée (visible dans la bande-annonce).

La performance de l'artiste

Et alors, au final, on en pense quoi ?

Je pense qu’il est évident de dire que le film m’a beaucoup plu. Les points négatifs sont si peu nombreux qu’il n’y a moi pas lieu d’y consacrer un paragraphe. A peine deux petites lignes en fin d’articles. J’ai eu beau chercher mais j’en ai trouvé si peu.

C’est une très belle histoire qui vous fera passer un agréable moment. Pas de quoi rester dans vos mémoires pendant des années mais assez bon pour sortir de la salle de cinéma avec cette sensation de légèreté, d’avoir passé un bon moment.

Les plus de ce film :

  • La moustache de Pradelle (vous l’aurez compris)
  • Des couleurs partout, tout le temps
  • Les personnages haut en couleurs
Les moins de ce film :

  • Le film aurait pu être un peu plus long pour détailler plus de choses (Où sont les retrouvailles entre Madeleine et Édouard ?)
  • La fin qui a brisé mon petit coeur sensible

Ma note finale

8/10
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