On a testé le Complot de Dammartin au Donjon de Rouen – Escape Game #9

Test du Complot de Damartin au Donjon de Rouen

Il y a un an, une journaliste m’a contacté pour connaître mon point de vue sur l’éventuelle ouverture d’un escape game au Donjon de Rouen. Ouais, petit instant personal branling. Pas de bol j’étais en vacances j’ai loupé le coche. Pourquoi cette demande ? L’Escape Game dérangeait visiblement une bonne partie des conservateurs du patrimoine. Heureusement, avec le Complot de Dammartin, ces derniers ont pu vite se rendre compte que l’escape game peut aussi être un bon outil de médiation culturelle ! Je l’espère tout du moins !

En toute honnêteté, j’avais même un peu peur que cet escape game en plein coeur du Donjon de Rouen soit « trop » pédagogique. Bah, j’adore les escape game mais j’y vais pas spécialement pour me cultiver, plutôt pour me marrer. Voilà. Rassurez-vous, le Complot de Dammartin est loin d’être un escape game barbant !

Le complot de Dammartin

21h30 pétantes, nous arrivons à 6 avec une team de niveau hétérogène devant le Donjon de Rouen, également connu sous le nom de Tour Jeanne d’Arc. Nous sommes accueillis par nos deux sympathiques hôtes envoyés ici par la métropole de Rouen (et non par le Brainscape comme je le pensais au départ). Par contre, les énigmes et le scénario ont bien été conçus par le Brainscape, qui a déjà mis mon cerveau à rude épreuve. Après avoir fait connaissances (et déjà pas mal rigolé), on nous brief sur l’histoire du Complot de Dammartin devant un diorama du château :

Nous sommes dans l’an de grâce 1213. Notre bande de mercenaires à la solde de Dammartin a été envoyée ici pour tenter de s’emparer de plans de manoeuvre militaires cachés dans les appartements de frère Guérin, maître stratège de Philippe Auguste. Une partie de notre équipe a été capturée et jetée en prison dans le donjon du château de Rouen. Nous avons 60 minutes pour libérer nos équipiers et trouver les fameux plans.

Nous voici donc séparés en deux groupes, la moitié d’entre nous engeôlés, avec pour terrain de jeu deux étages entiers du donjon pour nous seuls. Ca résonne sur place et on nous averti qu’au moindre excès de bruit un garde n’hésitera pas à venir voir ce qui se passe à l’étage. Ca permet de rajouter un peu de piment et de roleplay, mais c’est aussi pour notre bien : apparemment au bout d’une heure à crier dans tous les sens, on pourrait frôler la migraine, ou commencer à s’entretuer. Assez rapidement on a d’ailleurs dû tous se cacher comme des gamins croyant que le geôlier arrivait, mais il n’en a finalement pas eu besoin. Ça peut paraître étonnant pour ceux qui me connaissent personnellement et savent que je suis plutôt quelqu’un de bruyant. D’avance je vous prout.

Jeanne, au secours !

La pierre gravée à de nombreux endroits (« hé les gars, elle est d’époque cette gravure phallique, vous croyez ? »), le mobilier et les décorations d’époque (déco de table, blasons sur les murs…) nous plongent tout de suite au Moyen-Age. Il faut dire que le lieu a été reconstitué spécialement pour qu’on se sentent vraiment au tout début du 13ème siècle. C’est assez impressionnant de se dire qu’on est là à faire mumuse dans un lieu aussi historique et aussi intacte, l’un des derniers vestiges du roi Philippe Auguste quoi (ouais non, je vous rassure quand on m’a dit son nom j’ai pas pensé « ah oui c’est vrai le 7ème Roi de la dynastie des carpétiens han »). Un lieu où il s’est pas passé que des trucs cools. Mais bref, on n’est pas dans le domaine de Frère Guérin pour enfiler des perles, on doit libérer nos 3 copains prisonniers.

Cette 1ère étape n’était finalement pas la plus ardue, surtout pour Le Geek qui, trop impatient, a fini par se faxer à travers les barreaux… Il aurait pas fait long feu à l’époque. C’est ensuite que ça s’est un peu gâté. On a par exemple bien buté sur des blasons… La lecture de ces derniers était tout un art à l’époque, que je vous laisserai le soin de découvrir pour ne pas vous spoiler, ni vous mâcher le travail. Du coup, moi qui avait peur de me retrouver dans un truc plus pédagogique que fun, j’ai carrément accroché à l’originalité des énigmes. Maintenant je sais lire les blasons ! On vous a déjà demandé ce genre de talent en escape game ?! Je me suis un peu sentie comme dans un bon vieux Versailles 1685 : Complot à la cour du Roi Soleil, à quelques siècles près… Et j’ai franchement pas vu le temps passer.

Escape Game : Le Complot de Damartin au Donjon de Rouen

Bon par contre, pour les hardcore escape gamers que nous sommes, je dois avouer qu’on a trouvé ça un poil trop simple ! Il nous aura fallu au total 40 minutes pour venir à bout de l’escape game avec seulement 2 indices délivrés par le game master. Sachant qu’on a perdu un chouille de temps par manque de communication et quiproquos sur une ou deux énigmes, c’est franchement pas dég’. Ces dernières sont loin d’être trop simples, c’est simplement qu’il y en a moins que dans les autres escape games que nous avons pu tester. Du coup, forcément, on a plus de temps pour se prendre la tête dessus ! 6 est un nombre très confortable pour réussir le Complot de Dammartin puisqu’il permet de se séparer en binômes. Je pense qu’il convient tout à fait à un public familial ou novice dans le genre, de 4 ou 5 personnes.

Rien que pour le lieu, les énigmes originales, et le petit cours d’histoire à la fin, je le recommande à quiconque ! Amateurs ou non d’escape game, tout le monde devrait y trouver son compte ! En plus, les master gamers sont funs ! Et si vraiment vous avez perdu vos neurones passées les 60 minutes de jeu, sachez que vous repartirez avec de précieuses anecdotes de l’époque venant compléter votre expérience dans la tour Jeanne d’Arc. D’ailleurs, arrêtons dès maintenant de l’appeler comme ça : Jeanne n’y a passé que quelques minutes ! —> Vous aussi brillez en société : rendez-vous sur le site du Donjon de Rouen ! Attention : animation éphémère ! Ils viennent tout juste d’ajouter de nouveaux créneaux !

Merci à Chulie pour nous avoir accepté dans sa team ! 🙂 Merci aussi à ceux qui se sont désistés 😀

Les plus

  • Le lieu insolite
  • Les décors de l’époque
  • Les énigmes originales et subtilement pédagogiques
  • Le petit cours d’histoire qui passe tout seul
  • On vous demande si vous préférez demander vous-mêmes les indices ou non
Les moins
  • Ca manque d’énigmes…
  • …Et donc c’est un peu trop simple
  • La fin un peu trop abrupte
  • 1 Comment

    • Coucou,
      Tu as de la chance d’avoir pu l’essayer. Ça a l’air d’être un jeu intéressant. C’est rare de trouver des œuvres vidéoludiques qui contribuent aussi à notre connaissance générale. 🙂

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