La forme de l’eau : alors le film aux 4 Oscars c’est amphi-bien ou amphi-pabien?

Alerte coup de coeur. Aujourd’hui je voulais absolument de parler de cette pépite qu’est The Shape of Water. Coup de coeur, pépite… J’y vais pas de main morte et encore je  me contiens. J’ai profité d’un dimanche tranquille pour aller au ciné seule, réserver des heures en avance pour avoir la place parfaite, tout en haut pile-poil au milieu de l’écran. Clairement, je suis sur un petit nuage depuis.

Pourquoi? Comment? Il fallait absolument que j’en parle ici, alors prenez un thé (ou une vodka si vous êtes un bonhomme wesh) et plongez dans mon avis sur cette beauté. [Plongez… tu l’as? Shape of water tout ça] Je vous laisse le soin de regarder la bande-annonce si vous ne l’avez pas encore vue (bande de nuls).

JF seule et pas bavarde cherche poisson frais et sexy

Guillermo Del Toro nous emmène une fois de plus à la rencontre d’une créature incroyable et nous invite à partager sa vision du terme « être différent ». On suit Elisa, une jeune femme muette depuis toujours, qui mène son petit bout de vie entre son métier de femme de ménage dans un grand complexe scientifique mystérieux et sa passion pour les petits plaisirs du quotidien (winkwink à la scène d’intro). Sa communication avec le monde extérieur est comme vous pouvez l’imaginer compliquée. Même si elle est entourée de personnes profondément belles, Elisa sent qu’elle ne sera jamais vraiment complète.

Elle va rencontrer et petit à petit apprivoiser l’homme amphibien tenu captif dans le complexe où elle travaille. Mais voilà, la bête que les américains s’amusent à appeler « l’atout » est lui aussi incapable de communiquer avec l’extérieur et ils vont vite utiliser la force pour voir s’il peuvent faire ce qu’ils veulent de cet être (je précise que l’action se passe dans les années 60 – au beau milieu de la guerre froide).

Sur fond d’espionnage et de concours de qui a la plus grosse entre les États-Unis et la Russie, Eliza et sa petite troupe va remuer ciel et océan (tu l’as la blague ou pas?) pour sauver l’anguille sur pattes. Une complicité va alors naître entre l’homme-poisson et Elisa … et plus si affinités.

VTFF si t'a pas compris

Brandade de tendresse et de bienveillance

Niveau titre, j’ai mis le paquet. J’ai été comblée par le jeu et les intrigues de TOUS les personnages. C’est simple, que ça soit #teamgentils ou #teamméchants ils sont tous hyper convaincants. Tout d’abord, le personnage d’Elisa (interprétée par Sally Hawkins) m’a blufée. Elle apporte beaucoup de subtilité au jeu général des acteurs. Son mutisme pose une barrière entre elle et le monde extérieur mais elle arrive à nous faire se positionner à tous les coups de son côté. Elle arrive systématiquement à ponctuer son quotidien de petits bonheurs alors que vue de l’extérieur, sa vie peut paraître ridicule et fade.

Son entourage est d’une bienveillance extrême envers elle. J’ai eu un coup de coeur pour son voisin Giles – sorte de vieil artiste incompris et fatalement sensible. J’ai aimé la naïveté et la candeur de son personnage quasi adolescent – à 70 ans. Son intrigue est extrêmement touchante même si il coche la case « vieille meuf mec à chat ». Quant à Zelda (incarnée par Octavia Spencer qui nous convainc à coup sûr!), elle est tellement attendrissante vis à vis d’Elisa. Elle réussi une fois de plus à incarner une femme noire forte dans cette période bien dure pour les personnes qui ne correspondaient pas aux « standards ».

Et comment oublier le Colonel Strickland? Il campe son rôle de connard détestable à la perfection et j’ai adoré le détester. Certaines de ses répliques m’ont carrément révoltée mais je me disais que c’était plutôt bien trouvé finalement! Parce que je n’ai pas envie de faire 12000 mots, je vais simplement clore ce paragraphe en mentionnant la dualité très intéressante du personnage de Hoffstetler / Dimitri.

Giles, artiste incompris

Montres-moi ta différence, freak!

Les thématiques abordées dans le film sont encore une fois très propres à ce que Guillermo Del Toro fait habituellement. On retrouvera facilement des similitudes avec Hellboy et Le Labyrinthe de Pan dans la façon dont Del Toro traite la différence des êtres humains (ou pas d’ailleurs). Parce qu’à mon humble avis, c’est là l’essence clé de ce film.  Il nous montre une fois de plus ces différences physiques et/ou morales qui divisent les êtres et les font s’entre-tuer. Parce que tous nos personnages « gentils » sont jugés et déterminés par cette différence qui les caractérise : Elisa pour son mutisme, Zelda pour sa couleur de peau, Anguille-man pour son espèce et Giles pour son orientation sexuelle.

C’est comme ci cet attrait qui les différenciait les définissait entièrement et occultait complètement toute la beauté de leur personnalité qui a tant d’autres choses à offrir. Et ce film nous montre toute cette beauté qu’on ne peut voir si on ne prend pas la peine de creuser derrière une infirmité ou une différence quelle qu’elle soit. Quant aux personnages méchants, ils vont eux aussi être mis à l’épreuve par des circonstances qui leur sont propres et réveler pour certains leur mauvais côtés. Je pense bien sûr à Strickland qui, dans une quête de reconnaissance de sa hiérarchie va devenir la pire des ordures. Alors au final, qui sont les réels monstres? Pensez au Labyrinthe de Pan et reposez-vous cette question. Qui sont les monstres?

Avez ça vous reprendrez bien un peu de perfection?

Acteurs au top? Check. Histoire géniale? Check. Réflexion plus profonde sur le concept de différence? Check. Est-ce que ce film peut encore être plus parfait que ça? Et bien oui. Parce qu’en plus de tout ce que je viens de dire, faut aussi que vous sachiez que le film est une pépite sur les plans de l’ambiance, de la musique, des décors, des couleurs, de …. Je suis ressortie de ma séance de ciné comme sur un nuage. L’ambiance instaurée dans le film m’a beaucoup fait penser à un Fabuleux Destin d’Amélie Poulain mais à la sauce paranormale et plus politique. Le mix peut paraître étrange dit comme cela. Mais jetez un oeil juste deux minutes au travail de réalisation des décors et des costumes/maquillages.

On est bien loin des couleurs saturées et des effets spéciaux de tarba d’Hollywood. Car oui, la créature du film, c’est un acteur dans un costume et non pas une chose créée de toute pièce par ordinateur. Attention, des effets numériques ont bien évidement été ajoutés mais c’est un réel acteur qui incarne le personnage. Tonnerre d’applaudissements pour le studio qui a bossé sur le costume! Je vous invite également à regarder la qualité des décors de l’appartement d’Elisa, c’est incroyable. On voit vraiment le travail.

Et puis cet OST qui nous reste en tête. Alexandre Desplat a vraiment réussi, je pense, à capter le ressenti que Del Toro voulait donner à son film. C’est tout simplement magnifique, le thème principal « The Shape of Water » est aérien et grandiose. Les autres morceaux le sont aussi – ce sont de réelles petites déclinaisons du thème principal très réussies.

Je pense que vous l’aurez compris, ce film est pour moi une réussite totale. Je serai d’ailleurs ravie de rencontrer une personne n’ayant pas adhéré à ce film. C’est à dire que je n’arrive pas à lui trouver un point négatif. Le film a raflé les récompenses aux Oscars avec le prix du meilleur film (et ouais!), du meilleur réalisateur, meilleurs décors et de la meilleure musique de film. C’est à mon avis, tout à fait justifié, c’est une réelle bulle de bonheur et de fraîcheur (on va se calmer sur les métaphore de l’eau promis). Je vous le recommande à 200%!

Les + du film :
– TOUT
– TOUT
– TOUT
Les – du film:
– Amoureux des chats, j’vous préviens un chat meurt et c’est horrible.

Ma note finale

12/10

 

 

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