Black Mirror saison 3 : alors on tremble ?!

Loin de moi l’idée de plagier (jean-michel à peu près) Stromae… Mais peu avant la sortie des 6 premiers épisodes (en un bloc) de Black Mirror saison 3 sur Netflix, Charlie Brooker – créateur de l’anthologie britannique – a déclaré qu’il voulait que nous sortions des épisodes en tremblant. Pari réussi ? Je vous donne mon avis !

BIM, 6 Black Mirror dans ta tronche !

Men Against Fire Black Mirror Saison 3
On s’en doutait, qui dit Netflix, dit plus de moyens… Et plus d’épisodes ! C’est pas 1, pas 2, pas 3 mais 6 épisodes de Black Mirror qui nous attendaient le 21 octobre dernier sur Netflix. Une grande première pour la série qui nous avait plutôt habituée à des épisodes au compte-gouttes en 4 ans.

Contrairement à certains fans de la série, ce choix de Netflix ne m’a pas dérangé outre mesure. Bien au contraire : Après un White Christmas qui avait fini de me convaincre du potentiel de la série (en même temps j’en étais déjà pas loin avec deux premières saisons plus que réussies) à Noël dernier, je l’attendais de pied ferme et sans aucune crainte cette saison 3.

Dès les premiers épisodes, on sent bien qu’on a désormais affaire à une série Netflix : plus de moyens, plus de budget et donc encore plus de variétés dans les styles et les décors. En fait, il y en a pour tous les goûts.

Sans oublier son joli casting, avec, pour n’en citer que quelques-uns : Bryce Dallas Howard (Le Village, Spider-Man 3, La Couleur des Sentiments..), Mackenzie Davis (Seul sur Mars), Michael Kelly (House of Cards), Benedict Wong (Doctor Strange, Marco Polo, Prometheus), Jerome Flynn (Games of Thrones), ou encore Kelly Macdonald (Trainspotting, Boardwalk Empire…). Même si le casting des saisons précédentes était déjà bien convaincant, là on sent qu’ils ont voulu mettre le paquet et c’est tant mieux !

San Junipero Black Mirror Saison 3

Côté genres tout y passe : adeptes d’horreur, de romance (ouioui jte jure !), d’enquête policière, de film de guerre ou encore de thriller, vous devriez y trouver votre compte !

On pouvait cependant craindre que Black Mirror s’essouffle un peu au niveau des thématiques mais il n’en est rien ! Chaque épisode se concentre sur des thématiques encore peu abordées dans les précédents épisodes comme le Cloud, Twitter et ses dangereux hashtags (genre #DeathTo Cyril Hanouna, oups), réalité augmentée, piratage, obsession du like…

Chute Libre, épisode de Black Mirror saison 3
On dirait un peu des Sims nan ?

Si bien qu’à chaque épisode, d’une bonne heure, on croirait regarder un film ou une toute nouvelle série qui démarre. La variété des univers et des histoires, couplée à une arrivée un peu plus tardive de la technologie dont il est question dans l’épisode, font qu’on en oublierait presque qu’on est en train de regarder Black Mirror saison 3.

San Junipero, Black Mirror Saison 3

Et c’est peut-être ça finalement mon problème : c’est que le contexte prend un peu trop le dessus sur la technologie. La vraie problématique met parfois un peu trop de temps à se dévoiler à mon goût. Je pense notamment à l’épisode « San Junipero » dont le dénouement arrive un peu tard et de façon abrupte avec tout un flashback dans les années 1987 où l’on a du mal à retrouver l’esprit Black Mirror. C’est une volonté de Charlie Brooker me direz-vous, mais je n’ai pas réussi à accrocher à cette romance un peu trop fade à mon goût.

Au binge watching, tu ce céderas pas !

Black Mirror Saison 3 : drones abeilles

On est finalement bien loin du rythme crescendo et des twists percutants – souvenez-vous (ou regardez vite si ça n’est pas déjà fait) l’indétronable White Christmas, ainsi que White Bear – des premiers épisodes et on se surprend même à piquer du nez par moment (bon ok, là je parle pour moi).

D’un autre côté, ceux qui avaient eu du mal à accrocher au rythme des épisodes des précédentes saisons pourront peut-être y trouver leur compte : l’histoire s’installe tranquillement sans que la technologie ne vienne lui voler la vedette. L’occasion de nous amener progressivement vers une réflexion plus ouverte sur notre rapport aux nouvelles technologies, voire une vision moins manichéenne. Enfin moi, je suis passée à côté. Peut-être ne suis-je pas assez intellectuelle, ou n’ai-je pas assez de recul vis-à-vis des Internets et tout ça (les cordonniers sont les plus mal chaussés héhé).

Si les épisodes de Black Mirror saison 3 sont tout aussi violents, je les ai trouvé bien moins anxiogènes. Si bien que, contrairement à leurs prédécesseurs, ils sont loin d’avoir laissé une trace indélébile dans mon esprit. Pourtant, si vous avez regardé les précédentes saisons, vous comme moi devez regarder les cochons et les hommes politiques différemment. Ah-Ah.

Black Mirror Saison 3 : Tais-toi et danse

Bref, du coup même si ce rythme et ce ton légèrement différent est très certainement une volonté de Charlie Brooker, j’ai un peu l’impression d’être passée à côté et de m’être bien moins questionnée après le visionnage de ces épisodes qu’après ceux des deux premières saisons. Est-ce par lassitude de l’histoire ? Pas vraiment, car cette saison parvient tout de même à nous surprendre dans le choix des sujets et leur traitement.

Je retiens tout de même les twists intéressants de l’épisode 3, Tais-toi et danse (Shut up and dance), et de l’épisode 5, Tuer sans état d’âme (Men Against Fire), et évidemment les nombreux clins d’oeil vidéoludiques (rappelons-le Charlie Brooker était chroniqueur de Jeux Vidéo avant de se lancer dans Black Mirror) à Bioshock, Resident Evil ou même Street Fighter (« Hadouken ! ») de l’un des épisodes les plus réussis à mon goût (en toute objectivité hein): Playtest, où j’ai pris ma petite dose d’angoisse.

Playtest Black Mirror Saison 3

Bonne petite dose de stress également avec l’invasion des mini drones abeilles (oui eh ben rigolez pas trop, Harvard bosse dessus) dans l’épisode « Haine Virtuelle » axée sur Twitter et le piratage. Rien que d’y penser j’ai encore envie de me boucher les oreilles.

Tout ça pour dire que si vous souhaitez pleinement apprécier l’expérience Black Mirror avec cette troisième saison, ne tombez pas dans le piège du binge-watching : ce n’est pas parce que Netflix vous propose 6 épisodes qu’il faut se les manger en une soirée. Prenez le temps de les savourer un par un ! Ce qui est dommage, c’est qu’avec les deux premières saisons je n’aurais même pas ressenti le besoin de le préciser : ces saisons étaient tellement percutantes et anxiogènes qu’un épisode par soir avait largement suffit à me calmer…

Pour ceux qui ont eu la flemme de tout lire : non, on ne tremble pas vraiment, pour résumer.

En tout cas, je suis bien curieuse de lire à mon tour vos avis sur ce début de 3ème saison, alors n’hésitez pas à commenter (juste en bas là :)) ! La série doit-elle rester anxiogène pour que le message soit vraiment efficace et percutant ? Vous avez deux heures !

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