Anon : chronique d’une société où l’anonymat est interdit

Un duo qui marche

Hello les geekous ! Aujourd’hui, j’avais terriblement envie de vous parler de mon dernier coup de cœur Netflix : ANON. Le film a été lancé sur Netflix le Vendredi 04 Mai, je me suis empressée de le regarder le soir même. J’avais aperçu un bout de la bande-annonce il y a quelques semaines mais je pensais à une sortie « classique » en salles de cinéma. J’avais pris mon mal en patience et j’ai appris quelques jours avant la sortie que ça allait arriver sur Netflix. La bande-annonce m’a scotchée et j’avais hâte de voir ce que ça donnait. Je vous laisse découvrir ce petit aperçu de cette intrigue particulière avec la bande-annonce en VO (désolée mais la bande-annonce VF made in Netflix dévoile à mon sens tout le film) :

Hack me if you can.

Nous sommes plongés dans un futur où l’anonymat est interdit. Les hautes autorités du pays se félicitent d’avoir pu enrayer la quasi totalité du crime et la malfaisance en général grâce à cette méthode. En effet, la population est connectée à une sorte de registre national visuel, l’Ether, par le biais de leurs yeux. Ils peuvent aisément connaître le nom, le prénom, l’âge ainsi que la profession de chaque personne croisée dans la rue. Flippant hein? Et bien pas tant que ça à vrai dire car le crime n’existe quasiment plus. Notre protagoniste Sal Frieland, enquêteur de police, passe son temps à résoudre des petits larcins sans importance en prenant simplement le temps de fouiller dans les « archives mentales » des victimes. Mais de plus en plus de personnes meurent dans des circonstances étranges et le phénomène semble se répéter. En effet, le système visuel des victimes est piraté par leur tueur quelques secondes avant leur mort. Le tueur les incite à voir par ses yeux le pistolet braqué sur eux. Sal va se lancer dans une course effrénée pour arrêter ce protagoniste et faire la rencontre de CETTE FILLE qui semble correspondre au profil du tueur puis qu’elle ne fait pas parti de l’Ether et apparaît comme inconnue aux yeux de tous. Un jeu machiavélique en mode « Arrêtes-moi si tu peux » se lance alors.

Meurtre en FPV

Bombe scénaristique.

Je pense que vous l’aurez déjà compris, c’est un énorme coup de cœur. Je me méfie toujours un peu des films qui sortent sur Netflix qui rentrent dans mes styles de films préférés, à savoir science-fiction / anticipation (ex : la grosse déception The Cloverfield Paradox dont je parle ici). Il faut croire que c’est un genre que j’aime tellement que je deviens très critique. ANON est pour moi une réussite à 100%. Le film m’a tenue en haleine pendant 1H40 bien que le rythme soit « particulier ». Vous savez c’est ce genre de cinéma où le calme règne, la musique est omniprésente mais discrète et les dialogues ne contiennent que très peu d’effusions d’émotions. On est clairement pas sur un Michael Bay (BOUM! partout). J’y ai trouvé des ressemblances de réalisation avec mon chouchou Denis Villeneuve (notamment dans Enemy) et ce n’est qu’après le film que j’ai appris qu’il s’agissait d’une création de Andrew Niccol. Pour faire court, il s’agit du réalisateur de quelques pépites cinématographiques : Bienvenue à Gattaca, Lord of War et Time Out (c’est aussi le scénariste de Truman Show, rien que ça!). On retrouve d’ailleurs deux de ses acteurs fétiches : Clive Owen et Amanda Seyfried. Quel bonheur de retrouver Clive Owen dans ce rôle de gentil désabusé par la vie – comme dans Les Fils de l’Homme (aka MON film préféré de tout l’univers)! Je ne connais que très peu Amanda Seyfried mais elle m’a définitivement convaincue avec sa performance de femme semi-fatale, semi-écorchée.

Face à face tendu

Sobriété = élégance.

Le film est un bijou visuel. Les nuances de couleurs restent toujours plus ou moins dans les tons gris mais avec des variations sobres, cela rend l’esthétique du film très classe et cohérente. Et puis on n’est pas dans le futur trop « futuresque » comme j’aime à dire. J’en ai assez de ces films où tout brille et l’avancée technologique n’est plus qu’un prétexte pour en mettre plein les mirettes aux téléspectateurs. Enfin un futur où tout n’est pas ultra sophistiqué, j’aurais même tendance à penser que le réalisateur s’est basé sur les années 1960-1970 au niveau architecture et technologie (il n’y a qu’à jeter un coup d’œil aux voitures du film, très Ford Mustang – mais électriques attention faut pas déconner c’est le futur!). Ils ont dû se faire tellement plaisir à tourner le film parce qu’on passe en permanence du plan FPV à des plans du cinéma plus classique. La scène d’introduction où Sal se promène dans la rue est une succession de vues générales et de vue d’immersion dans ses yeux (voir images ci-dessous). J’ai d’ailleurs vu quelques photos de l’installation posée sur les épaules de Clive Owen avec des arceaux métalliques autour de sa tête et la caméra juste devant ses yeux – impressionnant. Enfin l’action est très bien orchestrée grâce encore et toujours aux façons de filmer d’Andrew Niccol. Je pense notamment à la scène où Sal « délire » dans son appartement qui est une perle en matière d’effets visuels.

Black Mirror un peu hein

Je pourrais continuer des heures durant à parler de cette petite pépite qu’est ANON. Mais je suis bien consciente qu’elle ne fera probablement pas l’unanimité. Il y a probablement quelques défauts, c’est sûr, comme le fait que le rythme ne soit pas égal, que la fin laisse quelque peu perplexe et ouverte à interprétation… Mais c’est aussi le propre de ce type de ce cinéma : nous inviter à s’approprier le concept et se faire son avis. J’ai été personnellement ravie de retrouver mon petit Clive Owen chéri (vous aurez compris que je l’aime) dans ce rôle qui lui va parfaitement. J’aime ses choix en matière de films, son grain de voix et son accent (je vais défaillir en y repensant). C’est un film intéressant qui vous proposera un autre volet du futur en cinéma. L’aspect psychologique d’une société comme celle-ci est très intriguant. Quel est la part de notre individualité dans un monde où nous ne pouvons nous cacher? Comment vivre consciemment sachant que nos souvenirs, nos émotions et nos actions sont à la portée de tout le monde? Je vous invite à voir ANON avec véhémence (je sors le vocabulaire lourd tavu).

Un duo qui marche

Les + du film :
– Le futur sans fioritures
– Le duo Owen / Seyfried qui cartonne
– L’esthétique du film parfaite
– L’intrigue captivante
Les – du film:
– Cherchez pas, je ne descendrais pas ce film!

Ma note finale

9,9/10
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